Scènes

La soirée s’annonce palpitante pour Marie Gillain avec la cérémonie de remise des Molières 2015. Près de 20 ans après sa nomination au Molière de la révélation théâtrale pour "Le journal d’Anne Frank", la voici en lice dans la catégorie "Comédienne dans un spectacle de théâtre privée" pour sa prestation dans "La Vénus à la fourrure" tirée du livre érotique de l’Allemand Léopold von Sacher-Masoch et adaptée par le dramaturge américain David Ives. La pièce avait séduit Broadway en 2010-2011 avant de cartonner six mois durant au théâtre Tristant Bernard, à Paris, dans une mise en scène signée Jérémie Lippmann.

Un triomphe qui a valu à Marie Gillain une pluie d’éloges dans la presse hexagonale. Inattendu pour celle qui n’était plus montée sur les planches depuis 12 ans. "Magistrale, toujours légère, irrésistible et maîtresse de la moindre de ses inflexions. Etourdissante ", a écrit à son propos Le Figaro. " Phénoménale ", ajoutait Paris-Match. De quoi donner un fameux coup de fouet à sa carrière.

Et elle n’est pas la seule à avoir marqué les esprits. Nicolas Briançon, à qui elle donne la réplique dans la pièce, est nommé dans la catégorie "Molière du comédien dans un spectacle de théâtre privé" tandis que le spectacle en lui-même est en lice dans la catégorie "Molière du théâtre privé".

Cette pièce vous a-t-elle transformée ?

Il y a clairement un avant et un après. Par le fait que ce rôle est tellement puissant et qu’il m’a demandé énormément de travail. Mais une fois ce travail accompli, il m’a aussi donné une confiance que je n’avais peut-être pas auparavant. Ça a renforcé mon plaisir d’être comédienne, ma passion pour ce métier et pour l’aventure également. Il faut être aventurier pour explorer des textes comme celui de "La Vénus à la fourrure".

A présent, je me pose la question de savoir ce que je vais faire après ça. Des rôles aussi magnifiques et magistraux vous donnent forcément une exigence. Vous vous dites que vous n’avez pas envie d’un rôle sympathique sans plus dans un film. Je dois donc être patiente et attendre de retomber sur mes pattes pour voir dans les projets qui me sont proposés ceux qui me redonnent envie de partir à la chasse et à l’aventure. Je suis extrêmement sereine depuis que j’ai joué cette pièce parce que j’ai déchargé toutes les émotions que je pouvais avoir, qu’elles soient positives ou négatives.

Etes-vous plus sollicitée qu’avant après cette prestation dans "La Vénus à la fourrure" ?

Je ne pensais pas qu’on allait me reproposer des beaux rôles et des beaux projets au cinéma par le biais du théâtre. La vie est étonnante ! Je n’imaginais pas que cette aventure allait me remettre sur le devant de la scène. J’ai été étonnée qu’énormément de gens du métier du cinéma soient venus voir la pièce. En ce moment, je savoure ce qui nous arrive. Je me sens un peu en vacances.

Incarner Vanda Jordan durant six mois sur la scène du théâtre Tristan Bernard semble vous avoir demandé beaucoup d’énergie. Est-ce le cas ?

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