Scènes

La nouvelle pièce de Wim Vandekeybus noie la puissance de la danse sous le poids des mots. Critique.

Avec la nouvelle pièce de sa Compagnie Ultima Vez, dont la première mondiale avait lieu vendredi à Bruxelles, Wim Vandekeybus voulait "évoquer la question des valeurs qu’on a perdues dans notre monde et qu’on devrait retrouver". Comme il l’évoquait dans nos pages, le créateur de "Mockumentary of a contemporary saviour" (Faux documentaire sur un sauveur contemporain) a imaginé ici une petite population de survivants dans un futur devenu invivable.

La science-fiction, biais a priori ludique pour aborder la question de la foi, montre ses limites dans une œuvre au confluent du théâtre et de la danse, sur un texte signé Bart Meuleman.

Puissance habitée et brutale

La danse, quand elle survient, a cette énergie phénoménale, cette puissance habitée et brutale propre au chorégraphe et aux interprètes dont il s’entoure (ici Anabel Lopez, Maria Kolegova, Yun Liu, Daniel Copeland, Saïd Gharbi, Jason Quarles, Flavio D’Andrea). La puissance est aussi visuelle, avec un immense cercle blanc tantôt protecteur, tantôt menaçant, sur le cercle noir où se meuvent et s’affrontent les humains. Scénographie spectaculaire certes mais convenue, où ondoient la musique et les sons de Charo Calvo et Manuel Poletti, avec la collaboration de l'Ircam.

Rituels, psalmodies, démonstrations de cruauté et de salut… "C’est beaucoup trop symbolique !" lancera Anabel dans une tentative de clin d’œil qui ne fait que souligner l’impression générale que nous laisse "Mockumentary" : un exercice dont l’audace se perd en bavardage naïf.

Bruxelles, KVS Bol, jusqu’au 22 avril, à 20h. Durée : 1h50. Infos & rés. : 02.210.11.12, www.kvs.be