Scènes

Dans la compagnie Mossoux-Bonté, parfois c’est Nicole Mossoux qui crée, aidée par Patrick Bonté, parfois c’est l’inverse. Dans « A taste of poison » créé cette semaine aux Brigittines à Bruxelles, Patrick Bonté, l’actuel directeur du lieu, est à la manoeuvre et propose un spectacle conçu comme une fable, jouée et dansée, une satire caustique sur notre monde actuel.

Sur scène, cinq experts, des savants un peu fous, portant de longues blouses blanches, sortent de couloirs aseptisés avec leurs instruments autour du cou. Ils viennent tour à tour s’expliquer devant des micros placés sur le devant de la scène. Ils pratiquent d’étranges expériences sur l’humain. Neuf tests en tout sur ce qu’est une bouche, une chute élégante, sur le corps devenu objet commercial, sur l’amour, voire la pornographie.

Ils se soumettent eux-mêmes aux expériences : corps pliés, détournés de manière rigolote. Avec leurs faux airs de scientifiques froids, ils scrutent nos tics et nos tocs, notre fond animal. Le corps et nos liens sociaux sont devenus des marchandises. Leurs expériences sont comme une métaphore de ce que deviennent les relations humaines et amoureuses dans une société où tout est rapport de pouvoir.

« A taste of poison » est une suite de saynètes plus ou moins burlesques, plus ou moins réussies, sur notre monde contemporain. Le sens s’éclaire à la fin par une longue chanson finale interprétées avec énergie, par les cinq performeurs sur le mode des music-halls américains, où ils remercient l’Amérique pour ces dérives montrées auparavant mais aussi pour tous les malheurs du monde et de nous avoir donné ce « goût du poison » : écosystème dévasté, guerres, puissance de l’argent, drogue, etc. Tout y passe dans un chant totalement parodique et grinçant.

A taste of poison, aux Brigittines, à Bruxelles, jusqu’au 4 mars.