Scènes Les 42 nominés pour 14 catégories sont connus. Chaque lauréat de la saison 17-18 recevra, le 1er octobre au 140, une sculpture signée François Schuiten.

Chaque année, le jury des Prix de la critique - composé de journalistes spécialisés en arts de la scène - sélectionne le meilleur des créations de la saison écoulée en Fédération Wallonie-Bruxelles. Uniques en Belgique francophone, ces Prix ont vertu de mettre à l’honneur les spectacles et ceux qui les font. L’édition 2017-2018 des Prix est marquée par une nouveauté : la création d’un trophée par François Schuiten. 

Connu surtout pour sa série de BD "Les Cités obscures" (sur les scénarios de son comparse Benoît Peeters), l’artiste est également scénographe, tant pour des lieux publics (Train World à Schaerbeek, station de métro Porte de Hal à Bruxelles, station Arts et Métiers du métro parisien) que pour des projets scéniques, dont "La Cenerentola" de Rossini à la Monnaie en 2000. 

© Fonds d'archives Schuiten

"Je voulais l'émotion d'une ouverture [...] au monde que le théâtre nous apprend à décrypter."

François Schuiten offre aux Prix de la critique la statuette qu’ils attendaient depuis longtemps. Un objet symbolique, un hommage aux arts vivants. L’artiste y représente le monde "par deux hémisphères de résine noire avec, au cœur du tout, l’idée de diversité, comme un fruit qui s’ouvre, sensuel, étonnant". La scène du monde, en somme, figurée par un entremêlement d’essences de bois divers. Chaque trophée, réalisé par le maître artisan Karl-Heinz Theiss, sera une pièce unique.

Verdict le 1er octobre

Les Prix de la critique Théâtre, Danse, Cirque pour la saison 17-18 seront remis le lundi 1er octobre au 140, à Schaerbeek, lors d’une cérémonie animée par Fabrizio Cassol et les musiciens de "Requiem pour L." (Alain Platel), et mise en scène par Eric De Staercke. Par ailleurs, les raisons des choix des jurés seront bientôt sur le site des Prix de la critique.

Hommage au Kunstenfestivaldesarts

Outre ces 14 prix, pour lesquels le suspense reste entier jusqu’à l’automne, un quinzième salue le rayonnement d’une personnalité des arts de la scène. Instauré en 2003, le Prix Bernadette Abraté était attribué, pour sa première édition, à Jo Dekmine, l’inlassable défricheur dont le Théâtre 140, qu’il avait fondé, fêtait alors ses 40 ans. Cette récompense revient cette année à un duo. En l’attribuant à Frie Leysen et Christophe Slagmuylder, le jury tient à saluer leur curiosité sans bornes et leur travail à la création et à la programmation du Kunstenfestivaldesarts.

Cet événement, fondé en 1994, s’est rapidement fait un nom et une place dans le monde des festivals internationaux. Associant les deux communautés linguistiques de Bruxelles, il réaffirme sans relâche son ouverture aux publics de toutes origines, mêle les générations, cultive avec ardeur le goût du risque et de la découverte, pôles capitaux des arts vivants. Frie Leysen, fondatrice du Kunstenfestivaldesarts, l’a dirigé jusqu’en 2006. Christophe Slagmuylder, longtemps son bras droit, lui a succédé, prolongeant cette collaboration inédite entre les différentes institutions culturelles de la capitale. Il quittera la direction du KFDA en 2019 pour rejoindre le festival allemand itinérant Theater Der Welt.

  • Les portraits des nommées et nommés, ainsi que les archives des Prix pour les saisons précédentes, seront à retrouver dans les jours prochains sur www.lesprixdelacritique.be


Les nommé·e·s pour la saison 17-18

Spectacle : “L’Éveil du printemps” de Franz Wedekind, m.e.s. Armel Roussel – “L’Herbe de l’oubli”, écriture et m.e.s. Jean-Michel d’Hoop – “La Reprise – Histoire(s) du théâtre I, l’écriture et m.e.s. Milo Rau.

Mise en scène : “Bruxelles printemps noir” de Jean-Marie Piemme, m.e.s. Philippe Sireuil – “Moutoufs”, écriture collective, m.e.s. Jasmina Douieb – “Un tailleur pour dames” de Georges Feydeau, m.e.s. Georges Lini.

Danse : “Etna” de Thi-Mai Nguyen – “I-clit” de Mercedes Dassy – “Waw – We are woman” de Thierry Smits.

Cirque : “Burning (Je ne mourus pas et pourtant nulle vie ne demeura)” de Julien Fournier et Laurence Vielle, (Habeas Corpus Compagnie) – “Mémoire(s)” de la Cie Poivre Rose – “Strach – a fear song” de Patrick Masset (Théâtre d’1 jour).

Jeune public : “Baby Macbeth” d’Agnès Limbos (Cie Gare Centrale) – “Chacun son rythme” d’Alexandre Drouet (Projet Cryotopsie) – “La Guerre des buissons” (Théâtre des 4 mains).

Seul en scène : “Avant la fin” de et par Catherine Graindorge – “Délestage” de et avec David-Minor Ilunga, “Un grand amour” de Nicole Malinconi, avec Janine Godinas.

Découverte : “J’abandonne une partie de moi que j’adapte” de Justine Lequette (Nabla Group) – “Pater” de Barbara Sylvain (Oh my god) – “Quelques rêves oubliés” de Camille Panza d’après Oriza Hirata.

Comédien : Jean-Pierre Baudson dans “La Route du Levant” et “Bruxelles printemps noir” – Laurent Capelluto dans “Le Misanthrope” – Nicolas Luçon dans “L’Éveil du printemps”.

Comédienne : Anne-Claire dans “Oh les beaux jours” – Claire Bodson dans “Dernier lit” – Cathy Grosjean dans “Bug”.

Espoir masculin : Tom Adjibi dans “La Reprise – Histoire(s) du théâtre I” et “Eddy Merckx a marché sur la lune” – Jules Puibaraud dans “J’abandonne une partie de moi que j’adapte” – Félix Vannoorenberghe dans “December Man” et “La Profondeur des forêts”.

Espoir féminin : Priscilla Adade dans “Botala Mindele” – Raphaëlle Corbisier dans “GEN Z : Searching for beauty” – “Léa Romagny dans “J’abandonne une partie de moi que j’adapte”.

Autrice/auteur : Laure Chartier pour “Un fait divers” – David-Minor Ilunga pour “Délestage” – Laurence Vielle pour “Burning (Je ne mourus pas et pourtant nulle vie ne demeura)”.

Scénographie : Sabine Theunissen pour “Bug” – Satu Peltoniemi pour “Métamorphoses” – Thibaut De Coster et Charly Kleinermann pour “Un tailleur pour dames”.

Création artistique et technique : “Chambarde” de Nicolas Mouzet-Tagawa – “Frankenstein” de Jan-Christoph Gockel – “Le Livre de la jungle” de Thierry Debroux et Philippe Tasquin.