Scènes

`Othello´, du 6 décembre au 9 février, au Théâtre le Public, Bruxelles.

Tél. 0800.944.44.

Après `Le Roi Lear´ aux Martyrs, c'est le Théâtre le Public qui nous convie à une des toutes grandes pièces de William Shakespeare. Pierre Laroche adapte - d'après la récente traduction française de Léone Teyssandier (Robert Laffont) - et met en scène `La Tragédie d'Othello ou Le Maure de Venise´.

Tragique en effet, cette `plongée au centre des tourments intérieurs´ comme la qualifie le metteur en scène. On y voit le superbe Othello, généralissime de la Sérénissime, prince du désert, baroudeur rompu à tous les pièges militaires, découvrir sur le tard l'amour et ses plus noires tentations. `Il est enchanté et fragilisé´, commente encore Laroche.

Face à lui, l'incarnation du mal, Iago, un être qui `s'est convaincu que le monde n'est peuplé que d'hypocrites et d'imbéciles et que, dès lors, rien n'est respectable´. Ce personnage fascinant sera incarné ici par Guy Pion qui donnera la réplique à Michel Kacenelenbogen en Othello. Une brillante distribution les entoure, puisqu'on y trouve notamment Raymond Avenière (Brabantio, Gratiano), Serge Demoulin (Cassio), Frédéric Laurent (Roderigo), Anne-Sophie Wilkin (Desdémone), etc.

Pour le décor, le Public a fait appel à Jean-Marie Fievez qui effectue un bienvenu come-back sous nos latitudes septentrionales. Les combats sont réglés par Michelangelo Marchese.

POUR UN MOUCHOIR PERDU

Lors de la présentation de la saison du Public à la presse, on percevait l'intérêt tout particulier du metteur en scène pour le maléfique Iago:

`C'est un manipulateur de l'ombre, génial et suicidaire, qui met en oeuvre ce que lui-même appelle une `théologie de l'Enfer´.

C'est la force agissante de cette dernière qui passionne les spectateurs dans cette pièce écrite voici quatre siècles et qui pourrait n'être, dixit encore Laroche, `qu'un mélo invraisemblable au dénouement hénaurme´. Mais nous savons trop bien, conclut-il, `que la perte d'un simple mouchoir peut faire basculer l'être le plus équilibré´...

© La Libre Belgique 2001