Scènes

Ce n'est pas forcément les habitants des villages et petites villes qui doivent se déplacer vers les hauts lieux culturels. Le théâtre de Namur et la compagnie Arsénic inaugurent cette semaine, à Assesse, une forme audacieuse de décentralisation: la culture va aller aux champs. Comme le faisait Jacques Huisman, après-guerre, avec son chapiteau et ses comédiens ambulants? `Je n'ai pas lancé cette initiative sans penser à lui, explique Patrick Colpé, directeur du Théâtre de Namur. Il y avait la nécessité de retourner vers les gens.´

Concrètement, l'initiative, appelée `cultures communes´, se déroulera chaque année entre avril et septembre. Le théâtre de Namur et la compagnie Arsénic présenteront des spectacles dans quelques unes des six commnues associées: Assesse, Fernelmont, Floreffe, Gesves, Ohey et Profondeville.

Chaque fois, un chapiteau est installé sur la place, pendant une semaine. Des ateliers pour jeunes ou adultes s'y tiendront: de chant choral, improvisation, cirque, djembé, théâtre, chaque fois organisés avec les associations culturelles locales. Arsénic présentera ses deux premiers spectacles: `Chez Marie, bastringue´ (un dîner-spectacle) et `Une soirée sans histoires´ (spectacle déjà vu par plus de 15 000 personnes).

On sait qu'Arsénic a joué, l'automne dernier, avec un grand succès, `Le Dragon´, au Théâtre National. Une pièce qui devrait tourner dans les communes associées au projet, dès l'année prochaine. Pour Arsénic, `la présence d'un chapiteau créera une émulation comparable à celle d'un fête villageoise retrouvée et permettra de mettre en évidence la pertinence d'un projet de diffusion dans des espaces peu touchés par le réseau habituel d'action culturelle.´`Cette action, explique Patrick Colpé, résulte de notre cahier des charges. Le thêatre de Namur n'est pas seulement un centre dramatique, mais il est aussi un centre culturel régional. Et nous avons, dans ce cadre-là, à réaliser un travail de médiation de la culture vers tous les publics. Nous sommes d'ailleurs subsidiés par Miller comme théâtre et par Demotte comme centre culturel. Le décret sur ces centres prévoit que nous avons à mener une action régionale.´Certaines communes ont des centres culturels avec qui nous travaillons déjà, mais six autres sont simplement associées avec nous. Les habitants de ces communes viennent déjà nombreux voir nos spectacles, mais nous avons la volonté de ne pas seulement avoir, chez nous, la tête dans les nuages, nous voulons avoir aussi les pieds dans la glaise, en nous rendant sur le terrain. Avec Arsénic, on a imaginé l'idée de ce centre culturel itinérant.´Chaque arrivée dans une commune est longuement préparée, avec les acteurs locaux. A Assesse, par exemple, existe une longue traditon de chant choral. On a préparé avec ces chorales un atelier de rythmes africains. Le tout se veut festif, proche du public.´

`Cultures communes´. Jours de fête avec le théâtre de Namur et Arsénic. A Assesse, du 5 au 13 avril. En juin, à Ohey et en août, à Profondeville.Rens. à Assesse: 083.65.53.51

© La Libre Belgique 2002