Scènes

Mercredi, création à Anvers du nouveau spectacle de Romeo Castellucci, « La Democrazia in America » qui fera ensuite le tour de l’Europe.

Basé sur le livre d’Alexis de Tocqueville, le spectacle met en scène ces Puritains pionniers qui créèrent en Amérique une nouvelle et parfois dangereuse forme de démocratie. Rencontre.

Voilà des années que le metteur en scène italien Romeo Castellucci fascine les spectateurs avec ses créations somptueuses et souvent troublantes, d’une grande beauté formelle et en même temps faisant débat. « L’art ne doit pas être pédagogique, il n’est pas un message, je ne suis pas un prêtre, je n’apporte pas d’idéologie, je prône une forme d’abandon. Je n’aime pas la provocation mais, par contre, l’art doit être la « pierre du scandale ». C’est un mot magnifique si on revient à son étymologie grecque qui veut dire : « la pierre qui nous fait trébucher », quelque chose qui nous oblige même à changer de direction et nous oblige à penser. Le rôle du théâtre, de l’art, de la littérature est de créer cette mise à nu par l’image, de nous amener à courber notre regard comme la lumière se courbe en approchant d’un trou noir», nous disait-il.

Ces dernières années, Castellucci a multiplié les spectacles très forts : « Go Down, Moses » au Singel, « Orphée » à la Monnaie avec une Eurydice qui était une malade locked in, bouleversant et inoubliable. Il a créé sa version du « Sacre du printemps » en un somptueux ballet de poussière. En décembre, il montrait dans une église d’Anvers, « The Minister’s Black Veil » avec l’immense acteur américain Willem Dafoe en acteur voilé.

«Castellucci touche en nous des zones qu’on ne pensait même pas avoir ! Il valorise l’humain qui est en nous. Certes, il secoue le public, ne cherche pas à plaire, mais il nous atteint au plus profond de nous et nous rend plus humains. Respecter le public n’est pas lui plaire. Un acte d’amitié véritable est de parfois lui dire ce qui cloche. Romeo nous confronte avec les abîmes», nous disait Frie Leysen l’ancienne directrice du Kunstenfestivaldesarts.

Vous créez « La Democrazia in America ». Cela tombe bien avec l’arrivée de Trump ?