Richard III en armure de porcelaine ou le héros du mal à la fête foraine

ABONNÉSMarie Baudet Publié le - Mis à jour le

Scènes

Auteur, dramaturge, metteur en scène, directeur de la Cie C(h)aracteres, Gérald Garutti travaille en France et en Angleterre, en français et en anglais, et cosigne avec Jean Lambert-wild la nouvelle traduction de "Richard III" de William Shakespeare. "Alors que les traductions existantes sont concentrées sur le sens", explique-t-il, le travail, ici, s’est forgé sur "la musicalité du texte", ce pentamètre iambique qui, spécifique à la langue shakespearienne, se mue en casse-tête pour ses traducteurs : partant de mots anglais souvent très brefs, il ne s’agirait pas de doubler la longueur du texte en français.

Vertige de l’ambivalence

Efficace dans l’instant du spectacle, cette traduction neuve se révèle passionnante à la lecture, et son analyse remet en relief la fabuleuse richesse de Shakespeare."D’entrée de jeu, décortique par exemple Gérald Garutti, le protagoniste se déclare "déterminé à être un scélérat" ("determined to be a villain"). Déterminisme inexorable d’une fatalité transcendante (déterminé = prédestiné) ou choix volontaire d’une conscience libre (déterminé = résolu), la plongée dans le mal peut s’interpréter dans les deux sens - une ambivalence que laisse ouverte le génie shakespearien."

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