Scènes

Le grand comédien français de 92 ans fourmillait encore de vie et d’envies. Il s'est éteint jeudi à Paris.

Plus de 65 ans de carrière (dont 26 à la Comédie-Française) n’avaient pas eu raison de l’appétit de Robert Hirsch qui, nonagénaire, souhaitait continuer à travailler et “était à la recherche d’un rôle”, témoigne son confrère Jeoffrey Bourdenet, comédien et metteur en scène.

Né le 26 juillet 1925 à L’Isle-Adam, le jeune Robert est moins assidu sur les bancs de l’école qu’aux séances du cinéma Appolo, que tenait son père. Engagé comme quadrille à l’Opéra de Paris, il rentre au Conservatoire national d’art dramatique. Il en sort en 1948 lauréat de deux premiers prix de comédie, qui lui ouvrent aussitôt les portes de la Comédie-Française.

Il y brille dans tout le répertoire, de Shakespeare à Molière, bien sûr, en passant par Feydeau ou Anouilh. Sa formation de danseur sert sa présence scénique et son jeu, d’une plasticité remarquable, lui permet de varier les registres avec agilité. 

"Notre métier,
c'est le personnage !"

En 1969, Jean Vilar invite Robert Hirsch au TNP pour jouer “La Résistible ascension d’Arturo Ui” de Brecht. En 1973, il quitte le Français, dont il sera nommé sociétaire honoraire. En 1976, il renoue avec la danse de sa jeunesse sous la direction de Maurice Béjart qui monte “Le Molière imaginaire”. 

Robert Hirsch le 17 mars 1979, célébrant ses 30 ans de carrière théâtrale.
© AFP

À juste titre qualifié d’un des derniers monstres sacrés du théâtre français, dont il disait qu'il était sa “religion”, l’acteur affirmait ne jamais vouloir prendre sa retraite. Il s’est éteint jeudi, à Paris, alors qu’il était hospitalisé depuis 48 heures après une chute à son domicile.

Robert Hirsch a été distingué par moult prix, dont un Molière d’honneur en 1992 et un Molière du meilleur comédien d’un spectacle de théâtre privé pour “Le Père” de Florian Zeller en 2014.

Robert Hirsch recevant le Molière du meilleur acteur en 2007, pour "Le Gardien" d'Harold Pinter.
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