Scènes Dans "Democracy in America", le metteur en scène multiplie les tableaux superbes, comme un peintre.

Romeo Castellucci n’est pas seulement ce grand metteur en scène qui creuse au fond de l’âme humaine et du silence des dieux. Il est aussi un formidable "peintre". "Democracy in America", créé à Anvers, en témoigne. Dans un entretien ("La Libre" du 3 mars), il nous expliquait comment il s’était inspiré de Tocqueville pour raconter l’histoire d’un couple de paysans, des puritains, qui colonisèrent l’Amérique et voulaient y créer le nouvel Israël, un Royaume de Dieu.

Ebauche de démocratie

Mais, épuisée par tant de misère, la femme en arrive à douter de Dieu, à l’interpeller sur son silence, à blasphémer. Pour mettre Dieu au défi, elle vend sa fille contre des graines, attendant que Dieu arrête son geste comme il le fit avec Abraham égorgeant son fils. Mais la seule réponse est le tribunal implacable des "puritains" en grands chapeaux et robes noires.

Pour Castellucci, cette démocratie américaine fondée par les puritains sur la Loi de Dieu a abouti à un vide mélancolique toujours présent aux Etats-Unis.

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