Scènes

Portrait de la Belgo-Iranienne Sachli Gholamalizad qui crée en français, au National, son grand succès A reason to talk. Rencontre.


Sachli Gholamalizad nous avait fixé rendez-vous dans un café d’Anvers, à Borgerhout. Très belle jeune femme de 35 ans, aux yeux verts, elle nous raconte son histoire de jeune réfugiée iranienne, devenue belge, flamande, actrice à succès, créant maintenant des spectacles autobiographiques qui émeuvent les spectateurs, un peu comme le font les films d’Asghar Farhadi (« Le client », « Une séparation »). Elle est dorénavant artiste associée au KVS à Bruxelles.

Elle entame mercredi et jeudi une nouvelle étape avec la création en français, au Théâtre National, de son premier spectacle, créé en 2015, « A reason to talk », où elle se plonge dans l’histoire de sa famille et de ses relations très difficiles avec sa mère. Un spectacle joué plus de cent fois en Flandre, Pays-Bas, Grande-Bretagne, Canada, recevant plusieurs prix (Theaterfestival, TAZ, le prestigieux Festival d’Edimbourg).

Elle est née en 1982, en pleine révolution islamique, à Bandar Anzali, port et station balnéaire au bord de la mer Caspienne. Sa famille a des origines très simples azeri et russe. La révolution khomeyniste rend impossible la vie de la famille. Le grand-père -détesté par Sachli- était pro-Chah et dépensait tout ce qu’il gagnait avec ses amis, à boire et en fêtes. Il est jeté en prison, battu en public. Le frère de Sachli devrait bientôt entrer à l’armée. La situation des femmes est alors effrayante.

Mère et enfants fuient en Turquie où ils attendent longtemps les bons documents. « Notre rêve était celui de tous les Iraniens : le Canada. J’ai encore un oncle qui préfère rester illégal aux Etats-Unis que venir en Europe ». En 1987, ils échouent à Bruxelles et restent six mois au Petit Château demandant l’asile.