Scènes

C'est au compte-gouttes que les candidats au poste de directeur du Théâtre National se font connaître. Après Michel Kacelenenbogen qui a fait sensation (LLB d'hier), après Philippe Sireuil, ex-codirecteur du Vilar, et Jean-Louis Colinet, directeur du Théâtre de la Place, qui confirment qu'ils sont candidats mais ne veulent pas en dire plus avant la réunion du groupe des experts, c'est au tour de Serge Rangoni d'être plus disert.

Il a remis un dossier complet, incluant même une première année de programmation précise. Il ne veut pas dévoiler encore tout son projet mais il confirme que le poste l'intéresse.

Serge Rangoni, 43 ans (il a été dans la même classe que Michel Kacelenenbogen) a une longue histoire dans le milieu culturel belge. Il a travaillé avec un grand nombre de créateurs, au sein de la structure l'«Ymagier singulier» avec Thierry Salmon, au sein d'«Indigo» où il a travaillé avec Isabelle Pousseur et à la direction de l'Atelier Sainte Anne de 1990 à 1996, où il a monté des spectacles de Thierry Salmon, de Charlie Degotte, les premiers spectacles de Transquinquennal et de Lorent Wanson. Pendant ce parcours, il a travaillé à l'international, en Italie, en Avignon, avec Grotowski. De 1997 à 1999, il a travaillé dans le cabinet de Charles Picqué, ministre de la Culture, et il est actuellement secrétaire-général du Musée des arts contemporains (le Mac's) au Grand-Hornu avec Laurent Busine.

Si on lui demande quel est son point fort dans le cadre d'une candidature, il répond: «la multitude d'expériences de production artistique, de travail avec les acteurs, les auteurs et les metteurs en scène. La direction a un rôle de passeur entre l'art et le public qui m'a toujours passionné». Le National l'intéresse comme lieu et institution emblématiques. Il veut mettre en valeur les artistes de chez nous «excellents», les auteurs et les metteurs en scène qui parfois travaillent à l'étranger sans trouver toujours une place dans nos structures.

Rangoni cite à titre d'exemple le travail de Jacques Delcuvellerie «dont plusieurs pièces mériteraient d'être à nouveau montrées» et le travail d'Ingrid Von Wantoch Rekowski, «une extraordinaire artiste», qui avait créé «In H-moll».

Rangoni parle d'un théâtre «contemporain de haut niveau mais accessible, et populaire, c'est-à-dire qui parle de choses d'aujourd'hui à des gens d'aujourd'hui». Il veut inclure dans la programmation des spectacles contemporains travaillant sur la multidisciplinarité avec l'image et le son. «Charleroi/ Danses trouverait au National un lieu où montrer ses spectacles à Bruxelles.»

Plusieurs candidats potentiels dont les noms avaient été cités indiquent par contre qu'ils ne sont pas candidats: Patrick Colpé, directeur du Théâtre de Namur, le metteur en scène Frédéric Dussenne, et Jean-Claude Berruti, directeur du théâtre de Clermont- Ferrand et compagnon de route du National depuis longtemps.

© La Libre Belgique 2004