Scènes

PRÉSENTATION

Après la chanson et entre deux courses automobiles, Spa met une sourdine aux décibels et joue la proximité. Le mercredi 8 août, s'ouvrira le 42e Festival de théâtre créé naguère par le Théâtre national. Le rideau retombera le dimanche 19 août.

Dirigée depuis 1999 par un quatuor emmené par Armand Delcampe (Cécile Van Snick, Jacques De Decker, Jean-Claude Idée), la manifestation se veut toujours une vitrine de la création théâtrale en Communauté française et un aperçu des productions notoires de la saison à venir. On attend ainsi, au Théâtre du Casino, la nouvelle mise en scène de «Conversation en Wallonie», de Jean Louvet, par Armand Delcampe, spectacle que l'Atelier-Théâtre Jean Vilar, propose à Louvain-la-Neuve du 20 au 30 septembre.

«J'entends ainsi que Spa rende hommage à cet auteur majeur de la Wallonie , explique Delcampe. Et cela au moment où deux publications récentes tentent de cerner sa personnalité et sa place dans l'histoire de notre théâtre. »

DARIO FO EN AVANT-PREMIERE

La conscience wallonne n'occupera pas seule les planches. Vingt compagnies, vingt-cinq spectacles dont cinq nouvelles productions, quinze auteurs dont sept originaires de la Communauté Wallonie-Bruxelles, déploieront leurs soixante représentations dans huit lieux différents. Sous le regard de Michel Wright, Roxane de Limelette créera, au Salon bleu du Casino, «La jeune Première», monologue de Jean-Pierre Dopagne qui clôt sa trilogie entamée avec «L'Enseigneur» (à voir ensuite au Théâtre de La Valette, du 12 septembre au 7 octobre).

Production propre du Festival, «Couple parfaits» de Pierre-Jacques Amette sera créé par le metteur en scène Jean-Claude Idée et confrontera Fanny Delbrice à Jean-Paul Bordes sur le plateau du Salon gris du Casino. De l'intimisme au picaresque, il n'y qu'un pas, vite franchi si Dario Fo vous prend par la main: en avant-première, le Théâtre du Parc présente dans le même lieu «Johan Padan à la découverte des Amériques», un monologue interprété par Jean-Claude Frison dans la mise en scène de Toni Cecchinato (à voir ensuite au centre culturel des Riches-Claires, à Bruxelles, du 24 octobre au 10 novembre).

Le Britannique accueille le repas-spectacle concocté par le Théâtre des Sources. Double affiche Labiche: Bernard Lefrancq met en scène «La Poudre aux yeux» et «La Grammaire».

NOMBREUSES REPRISES DE QUALITE

Les arts de la scène n'existent pas seulement par les textes. Deux spectacles promettent une fête visuelle ouverte au grand angle. Dans la salle de bal du Casino se succéderont «Le Piège», dernier opus de Josef Svoboda, maître tchèque de la lumière qui nous initia naguère à sa «Laterna Magika», et le «Metapolis - City Project 972» de Frédéric Flamand et Zaha Hadid. Svoboda et Flamand, également passionnés par le découpage des formes et des mouvements dans la lumière.

L'Opéra royal de Wallonie apporte une nouvelle fois son concours à Spa. Jean-Pierre Haeck dirigera «Pomme d'api», l'opérette en un acte de Jacques Offenbach, dans la mise en scène d'Eric Chevalier (Théâtre du Casino).

Quant aux reprises, elles sont nombreuses et de qualité, toutes méritent le détour. Notons enfin l'accueil d'un spectacle français avec un classique peu représenté, «Polyeucte» de Pierre Corneille, dans une mise en scène de Thierry Harcourt, avec Emmanuel Dechartre, Cécile Paoli, Jean-Michel Cannone dans les principaux rôles.

© La Libre Belgique 2001