Scènes

Alain Platel, Lisbeth Gruwez, Jan Lauwers, Boris Charmatz, Coulibaly et Rokia Traoré, au festival de Marseille.


Du 15 juin au 8 juillet, comme en prélude à Avignon, se tient le Festival de Marseille dirigé par le Belge Jan Goossens, l’ex-directeur du KVS à Bruxelles.

On retrouve dans sa programmation ses objectifs artistiques: «Dans un monde qui vacille sur ses fondations, où les espaces partagés se font de plus en plus rares et où les conversations ferment davantage de portes quelles nen ouvrent, le vivre-ensemble est au premier plan avec cette 23e édition du Festival. Créer et imaginer des mondes différents et nouveaux : cest ce qui pousse et passionne les artistes avec lesquels nous travaillons. Ce sont des conteurs, ils dansent des histoires. Ces artistes nous invitent à nous « déplacer », à tenter des perspectives différentes, et à voir le monde, les gens, et surtout les autres autour de nous avec plus de dignité et plus damour, en dépassant les jugements et les commentaires stigmatisants que le débat sociétal nous offre bien trop souvent. »

Le festival fait la part belle à la danse et réunit autant des artistes du Nord que du Sud, en particulier l’Afrique.

On retrouve plusieurs spectacles marquants venus de Belgique comme « Requiem pour L. » d’Alain Platel et Fabrizio Cassol qui fut tant applaudi à la Monnaie et à Namur et « Guerre et térébenthine », la pièce de Jan Lauwers d’après le roman magnifique de Stefan Hertmans, avec Viviane De Muynck.

On y retrouve aura la formidable danseuse et chorégraphe Lisbeth Gruwez avec un solo, « Pénélope » où la danse est la réponse des femmes au poème d’Homère. Elle présente aussi « The Sea Within » avec dix danseuses dans une danse à l’unisson, autant dans le geste répétitif que dans la respiration, magnétisante.

Herman Bellinck redonnera au Mucem tout au long du festival son installation « musée » de l’Europe qui fit tant d’impression à Bruxelles. Le chorégraphe burkinabé de Bruxelles, Serge Aimé Coulbaly est associé à la grande chanteuse malienne Rokia Traoré pour créer Kirina: « Dans cette fresque où la danse est une marche et la marche est transformation, se met en mouvement un récit sans âge, à la symbolique païenne, qui évoque la nécessité de la migration. »

Boris Charatz y donne son envoûtant « 10000 gestes" qu’on avait vu au Festival d’automne: 25 danseuses et danseurs sur scène pendant 1h20 font 100000 gestes au total, 400 gestes par danseur. « Comme une pluie, un torrent gestuel ininterrompu, qui par la débauche et la vitesse de mouvements, produirait une concentration extrême du regard. ».

Avec encore, entre autres, un solo d’Olivier Dubois, Nacera Baleza, Éric Minh Cuong Castaing dans une danse avec des drones, et le chorégraphe et danseur javanais Eko Supriyanto.

www.festivaldemarseille.com, du 15 juin au 8 juillet