Scènes Pleine d'allégresse comme la promesse du nom, «Alegria» venait inonder la ville d'Anvers voici deux ans, succédant ainsi à «Saltimbanco». Nombreux étaient ceux qui connaissaient déjà la réputation et le travail du Cirque du Soleil qui s'est levé par un beau matin de 1984 au Québec. Beaucoup cependant ignoraient alors que Franco Dragone qu'on ne présente plus réalisait les mises en scène de ces inoubliables spectacles. À mille miles des cirques traditionnels d'Europe, de Russie ou de Chine, l'étonnant Cirque du Soleil, à l'origine du renouveau du cirque, mêle les genres, modernise la commedia dell'arte, privilégie danses et musiques aux seules acrobaties et veille à présenter un spectacle presque trop parfait. Se glissait en effet derrière les airs baroques d'«Alegria», la culture nord-américaine du grand show mais de bon goût. Comme nous le prouvera sans doute encore ce «Quidam» sous parapluie, à Anvers dès le 5 avril.

Créé, selon les confidences de Franco Dragone, dans un moment moins joyeux qu'«Alegria», «Quidam» dégage une autre tonalité qu'ont déjà pu découvrir quatre millions de spectateurs, de part et d'autre de l'Atlantique. Tonalité parfois plus dramatique mais toujours aussi inattendue avec de très belles vues d'ensemble, d'étonnants numéros dont celui du tissu aérien, signe extérieur de nouveau cirque, sélectionné au Festival international de Monaco et dont les contorsions ailées, soie rouge, déroulé tragique et sensuel, avaient touché les âmes.

Diabolos, trapèze, acrobatie ralentie, grâce et légèreté devraient être au rendez- vous anversois donné par Franco Dragone mais aussi par le fondateur Guy Laliberté, Gilles Sainte-Croix, directeur créatif, ou Benoît Jutras, compositeur. En attendant la possible venue du Cirque du Soleil en Communauté française.

«Quidam», dès le 5 avril à Anvers, Gedempte Zuiderdokken. Rés.: 0900.00991 (18 F/min) ou www.ticketclub.be et www.cirquedusoleil.com

© La Libre Belgique 2001