Scènes

Persuadé qu'il n'est jamais trop tôt pour acquérir les clés de la pensée et de la culture, Patrick Colpé, directeur du Théâtre de Namur, défend la programmation jeune public de son théâtre; programmation plus étoffée que jamais avec 15 spectacles à l'affiche dont certains joués plusieurs fois.

Mais pourquoi intégrer des pièces pour enfants dans un théâtre dit pour adultes? `Parce que la manière dont Namur est construit est particulière en Communauté française. Nous sommes à la fois un Centre dramatique et un Centre culturel même si le plateau reste au coeur de notre motivation´, répond notre interlocuteur.

Certes, le Centre culturel a toujours organisé des séances scolaires et quelques représentations tout public dans le cadre de Noël au théâtre. Mais, très rapidement, la dynamique du théâtre qui compte aujourd'hui 7 000 abonnés dont 85% dans la région namuroise, a créé une grande proximité avec le public. `Il était donc logique, précise Patrick Colpé, qu'arrive la programmation jeune public, avec l'ouverture aux familles qu'elle suscite. Pour moi, c'est d'une grande évidence. J'aime en outre créer une connivence avec des metteurs en scène qui créent aussi pour le jeune public comme l'an dernier avec Irina Brook et l'an prochain avec Dan Jemmett. Les ponts existent et sont intéressants. La même transversalité est recherchée avec la société philharmonique.´

En tant que Centre dramatique, Namur organise également tous les trois ans Turbulences, festival international de théâtres pour enfants généralement de grande qualité qui a déjà fédéré un large public et poursuit de la sorte une tradition d'ouverture à l'étranger pour encourager à regarder ce qui se passe, se pense, se crée au-delà de nos régions. Et puisqu'il coproduit de plus en plus avec le Théâtre de Zygomars, compagnie namuroise pour enfants et adolescents dont `Le jour où les moules auront des dents´ a été mis en scène par Jean-Michel Frère, artiste maison en quelque sorte, Patrick Colpé pense autrement les négociations de son contrat-programme. `On pourrait par exemple détourner 2 ou 3 millions vers la production jeune public´, conclut celui pour lequel le théâtre doit surtout offrir l'émotion aux enfants.

© La Libre Belgique 2002