Scènes

C'est théâtral, tendre, physique, explosif, déstructuré, polyglotte et joyeusement inattendu. Quatre femmes , Mari Stoknes, Viola Baroncelli, Jatta Borg et María José Cázares, prennent le thé. Mais le bug se profile rapidement. Les gestes, plus saccadés, se répètent. Les mots aussi. En français, en anglais, ce sera selon.Un peu de thé ? Quelques biscuits? Quelques minutes ainsi puis volent les tasses et bonnes intentions pour une autre exploration de l'espace et de la relation.

Capillotractée, l'une des quatre acrobates se laisse tirer sur le plateau avant quelques embrassades. Jeu de filles, deux par deux, et superposition de tableaux. Les acrobaties pointent le bout de leur amertume. Entre corde lisse et mât chinois, les belles délient leur chevelure, en jouent et s'encanaillent. Ou presque.

D'une musique douce, passent au hard rock, en secouant, tête en bas, leurs quatre longues chevelures. Pic d'intensité dans cette heure, et ses rares longueurs, d'une tonalité inégale mais prégnante. Un vrai climat se dégage du plateau, de l'interaction, des performances, rares mais réelles de ces quatre artistes issues de l'Esac. Vaste quête d'amour, besoin d'exister chacune à leur tour, elles n'hésitent pas à se mettre en danger pour tester leur pouvoir et les limites de l'autre. Suspendue à la poutre, prête à tomber, l'une d'entre elles attend qu'on vienne l'y cueillir. Et si elle restait là ?