Scènes

Le Festival des Brigittines continue devant des salles pleines à explorer des espaces singuliers entre danse, théâtre et cérémonial. Lundi et mardi, il proposait « The Black Piece » de la Hollando-Belge Ann Van den Broek, pièce créée en 2015 et encensée alors par la presse hollandaise.

Ann Van den Broek explore l’obscurité, le noir, et plonge la chapelle des Brigittines dans une nuit inquiétante. Sur scène, elle éclaire elle-même avec une lampe de poche, un point ou l’autre des ténèbres : on aperçoit brièvement des performeurs prostrés, des chaussures abandonnées, une feuille laissée comme une trace. On entend des bruits étranges de respirations, de pleurs, de rires hystériques, de cris, de claquements. Au contraire de la danse habituelle, les corps sont ici cachés et les sons sont produits par les mouvements même des corps.

Où est-on? Dans une cave, impression accentuée par les vieux murs de la chapelle ? Dans un lieu habité de punks, d’un transgenre et de mannequins glamour et troubles ? Dans un cérémonial hypnotique? Ou est-on est dans la nuit des caméras de surveillance à mi-chemin entre une violence sourde et un chic glacé ?

Les visages filmés live sur scène en noir et blanc et gros plan sont inquiétants, à la David Lynch. On est embarqué au coeur des ténèbres, dans un histoire d’énigmes dont Ann Van den Broek ne dira rien.

Hélas, la chorégraphe ne tient pas le fil des atmosphères qu’elle crée. La dramaturgie est trop absente, le propos se délite et se dilue, les scènes sont trop longues. On commence alors à s’ennuyer malgré la virtuosité trop apparente du dispositif et on attend avec une impatience grandissante une fin qui tarde sans cesse à venir.

---> Festival Brigittines, Bruxelles, jusqu’au 2 septembre, www.brigittines.be