La Libre.be > Culture > Sélection culturelle > Article
sorties
Pour le grand saut, Gooooo !
Magali Mouthuy
Mis en ligne le 31/07/2010
Aérodrome de Namur. Nous sommes au bout d’une petite route de campagne, entre Temploux et Suarlée. La chaleur de cette après-midi ensoleillée est adoucie par un vent léger. C’est dans un ciel bleu azur que s’élancera notre parachute.
Cette aire de vingt hectares accueille plus de douze mille sauts annuels. En tandem, en formation accompagnée ou en solo Le saut en tandem avec un moniteur est préconisé pour les novices. "Ça donne un bon aperçu de ce qu’est la chute libre", commente Eddy Vande Vonder, moniteur et directeur du Paraclub de Namur. En peu de temps : un court briefing résume les précautions élémentaires et enseigne les positionnements du corps à la sortie de l’avion, lors de la chute libre et au moment de l’atterrissage. "Ce n’est pas vraiment très sportif. Il s’agit plutôt de faire preuve de souplesse et de maîtrise de soi."
Sur la pelouse, l’avion - un Pilatus NAC 00 - attend, moteur en marche. Une petite dizaine de personnes s’y engouffre. Parmi eux, un jeune homme, débarqué les yeux bandés sur les lieux par ses amis. "Beaucoup viennent faire leur premier saut à leur enterrement de vie de garçon", raconte un membre du club, qui poursuit en souriant : "J ’ai moi-même commencé ainsi." Le sol s’éloigne. La température se rafraîchit de six degrés par mille mètres. Au bout d’un quart d’heure de vol, la barre des 4000 mètres est franchie sur l’altimètre. C’est l’heure du grand saut, chacun se salue.
Un parachutiste pousse la porte coulissante. L’arrivée subite de l’air sous pression dans l’appareil comprime les corps des occupants et coupe les respirations. "C’est sans doute le moment le plus stressant." Eddy Vande Vonder n’a pas tort. Reste à s’asseoir sur le rebord de l’avion, à regarder vers le bas, l’infini et à se laisser aspirer les uns après les autres. Ce n’est plus le moment d’hésiter Une grande inspiration et hop. La chute libre vous précipite à travers le vide à une vitesse de 220, 250 km/h Se rappeler les conseils du moniteur : garder les yeux ouverts, ne pas craindre que ses oreilles se bouchent, lâcher son harnais et écarter les bras à nonante degrés pour sentir pleinement les effets de cette chute grisante.
A 1500 mètres d’altitude, notre descente est soudain ralentie : le moniteur a ouvert le parachute, réduisant la vitesse à un petit 40 kilomètres/heure. A partir de là, nous disposons encore de 4 à 5 minutes de vol plané pour profiter des paysages. On reconnaît Namur, sa citadelle, la base de l’aérodrome. A l’aide des cordes, le moniteur freine et oriente la voile pour atterrir dans la zone de posée. Retour sur le plancher des vaches. Ivres d’air pur. L’envie de remonter en Pilatus pour replonger dans le vide nous assaille et domine tout sentiment de soulagement.
"J’ai fait un premier saut pour essayer et finalement j’en ai fait trois ce jour-là, se souvient Eddy Vande Vonder. J’ai continué en mettant le pied dans une discipline qui est le vol relatif - en équipe de quatre, plus précisément. J’ai fait onze ans de compétition, dont trois compétitions mondiales." Avec 11000 sauts à son actif, le directeur du Paraclub n’est toujours pas rassasié : "Moi j’ai besoin de me retrouver dans l’embrasure de la porte, de chuter dans tous les sens et d’atterrir en survitesse. Puis j’aime aussi faire découvrir ma passion aux autres." Les plus expérimentés pratiquent une ou plusieurs disciplines. On en compte 7-8 principales. "Vu les évolutions techniques et matérielles, on ne fait jamais le tour complet d’une discipline."
Dans le hangar qui jouxte la pelouse, le sol est tapissé de couleurs. Les professionnels replient minutieusement leur parachute : la voile doit pouvoir se déployer sans encombre lors du prochain saut. Certains retourneront dans le Pilatus en soirée.
En Belgique, il existe une petite dizaine d’endroits pour sauter en parachute. "C’est possible à deux pas de chez soi. L’inconvénient c’est la météo, mais ça fait partie du jeu et puis ça varie les plaisirs, d’une certaine manière." Eddy Vande Vonder n’est certainement pas à court d’idées : "L e top c’est les USA et les voyages. On saute dans des endroits insolites : plages, déserts, de nuit, d’avions différents, etc. Puis on rencontre beaucoup de monde, le para c’est un petit monde mais très étendu." Et cette activité est accessible à tous, bien qu’elle demeure encore peu connue du grand public... Une question de coût ? Certes, un saut en tandem revient à 210 euros. "Mais, en général, ce ne sont pas des personnes fortunées qui sautent , précise le directeur du Paraclub de Namur. Qu’ils le soient ou pas, ce sont des passionnés." De tous les âges : "L’âge minimum est de neuf ans, pour des raisons de taille, et de prise de conscience. Parfois, ce sont davantage les parents qui veulent faire sauter leurs petits. Par ailleurs, on a des personnes de 75-80 ans qui pratiquent régulièrement." A vous ?
James Cameron revient avec 'Avatar : Special Edition'
Retour en enfance avec 'Copains pour toujours '
Lambert Wilson dans 'Des hommes et des dieux '
Toy Story Playland et les...
C'est mieux
Des hommes et des Dieux .mp4...
Sarko a peur des Roms