Abonnez-vous a La Libre Belgique

Des top models si fragiles

Guy Duplat

Mis en ligne le 14/11/2011

Peter Lindbergh, star de mode et présent dans les musées. Expo à Anvers.

Peter Lindbergh, photographe allemand né en 1944 à Lezno en Pologne, vivant aujourd’hui entre Paris, New York et Arles, a un statut ambigu. Ses photos ont autant leur place dans les magazines de mode (il est une des plus grandes stars du genre et toutes les top models rêvent d’être photographiées par lui) que dans les galeries d’art contemporain. Le centre Ullens d’art contemporain de Pékin (UCCA) vient de lui consacrer une exposition et le FoMu, le musée de la photo d’Anvers à son tour, l’expose jusqu’au 29 janvier.

Tout le monde connaît ses photographies de Linda Evangelista, Naomi Campbell, Cindy Crawford et les autres. Mais il a aussi photographié Catherine Deneuve, Jeanne Moreau, Mick Jagger et tant d’autres. Son style est immédiatement reconnaissable : de grandes photographies noir et blanc, avec des noirs profonds, créant une atmosphère qui rappelle le Berlin des années 20 ou certaines chorégraphies de Pina Bausch avec qui il a fait un film. Le musée d’Anvers présente deux de ses séries. La première, "Berlin", fut réalisée en 2009 pour le magazine "Vogue". Ce sont des images reprenant vingt ans de travail à Berlin, avec des photos de rues et des portraits d’artistes rappelant les cabarets d’antan. Un beau film le montre à l’œuvre, tel un rapace observant sa proie, une belle chanteuse et danseuse dans un bar, un soir à Berlin.

L’autre série est un choix réalisé en 2010 dans le corpus de Lindbergh par Klaus Honnef. On y retrouve des photos devenues des icônes à côté d’autres moins connues. Son portrait de Kate Moss est célèbre : la mannequin est présentée ici vulnérable, fragile, naturelle. Comme dans ses portraits d’Helena Christensen ou de Milla Jovovich, Lindbergh semble gommer le fond pour que notre regard se fixe sur le modèle, sa beauté mais aussi son imperfection qui la rend plus humaine. On montre aussi des photos mises en scène, sur une tour ou dans une rue grouillant de monde à New York. Quelques photographies couleur démontrent que Lindbergh peut sortir de son esthétique 1920.

Ses photos se placent sur un fil ténu entre ce que la mode a de toc et d’artificiel, et d’autre part, la réalité plus cruelle mais plus tendre des choses. Il peut photographier comme peu d’autres la fragilité de ces filles si superbes ou de celles qui furent des stars mais que l’âge a ravagées. Avedon aussi le fit.

Une belle référence.

Peter Lindbergh, au Fomu à Anvers, jusqu’au 29 janvier avec aussi les photographies de "mode et lifestyle" du photographe belge Frank Philippi. Rens. : 03/2429300 et www.fotomuseum.be

Autres Informations

Facebook

À ne pas manquer

ESSENTIELLE

Retrouvez toute l'actualité féminine, mode et bien-être sur le site essentielle.be

Voyages

Destinations exclusives et parcours culturels.

Emploi

Trouvez un job

Haut de page