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Architecture paysagère et René Pechère
Marie Noëlle Cruysmans et Marie Pascale Vasseur
Mis en ligne le 31/07/2010
C'est au cours de l'année René Pechère que l’équipe de la bibliothèque met sur pied ce rendez-vous d’architecture paysagère ouvert aux étudiants et aux professionnels. René Pechère (1908-2002) a conçu et réalisé lors de sa carrière plus de 900 jardins privés ou publics en Belgique et à l’étranger. "L’architecte de jardins et de paysage prend de plus en plus d’importance puisqu’il contribue essentiellement au bonheur de vivre. Il aménage l’espace en esthète et en praticien, en apportant l’aménité à l’environnement par la nature."
Le thème proposé pour cette première édition est la restauration d’une partie du jardin du parlement bruxellois. Il forme une terrasse qui domine la rue du Lombard, véritable balcon urbain. Mais il s’agit bien en réalité d’un jardin de pleine terre. Le mur du fond des bâtiments en contrebas de la rue s’appuie directement sur la terre du jardin.
Le concours a été remporté dans la catégorie professionnelle par l’association momentanée Karbon’SCRL architectes et Zoé Salmon, architecte de jardins. Karbon est une structure coopérative d’architectes fondée sur des principes de "développement durable" et de rationalité minimale. Très respectueux de l’environnement et de l’architecture, ils élaborent ensemble un projet qui, au-delà d’une simplicité apparente, tient compte des multiples exigences du lieu. Contemporain par le revêtement minéral composé de grandes dalles de ciment déposées sur le sol existant, il affiche une ambiance champêtre grâce à une végétation très naturelle se développant dans les larges joints et dans quelques massifs, le tout renforcé par quelques coussins de persistants. Certains végétaux présents dans le jardin sont préservés.
Zoé Salmon, quant à elle, commence par étudier le dessin à la Cambre. Les fleurs la fascinent déjà, l’image aussi. C’est pourquoi elle poursuit son parcours à l’Insas. La réalisation d’un film sur Jacques Wirtz lui fait découvrir le travail des architectes paysagistes. L’œil exercé par sa formation à la prise de vue, elle dessine quelques projets. Elle aborde ce monde nouveau, forte d’une vision très personnelle. Elle aime les choses qui s’entremêlent et se mélangent. Surtout pas de raideurs. Son approche du jardin est très picturale, l’harmonie doit être belle à chaque saison dans une structure souple. Chacun vit l’espace à sa manière, lié à sa psychologie. Le jardin doit être vu comme l’émanation d’une personnalité. Zoé entre dans les rêves de ses clients pour leur donner vie tout en les rassurant. Entretien et cout ne virent pas nécessairement au cauchemar. Les soins dispensés peuvent devenir une vraie source de joie. Passionnée par les végétaux, elle connait parfaitement les plantes et les lieux qui leur conviennent. Au fil du temps, son univers évolue. Elle joue avec d’autres matériaux comme les pierres et les graviers, travaille avec des artistes plasticiens. La dimension organique qu’elle obtenait à partir de végétaux, elle la cherche aussi à travers l’usage des minéraux, toujours dans le but de marquer le contraste entre les éléments qui structurent et ceux qui déstructurent l’espace. Elle élabore avec chacun de ses clients un tableau toujours différent.
Le jardin de Derek Jarman, célèbre cinéaste anglais, est pour elle très emblématique de cette manière globale d’envisager la création. Passionné de botanique, il avait associé à son regard de peintre, son expérience de cinéaste, son savoir-faire horticole et ses convictions écologiques pour créer un lieu d’une rare magie, sur un site particulièrement déshérité.
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