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Sabena: embarquement immédiat
Laurence Bertels
Mis en ligne le 25/01/2012
La Belgique a perdu un peu (beaucoup) de son âme le jour funeste où la Sabena, véritable emblème du pays, a été déclarée en faillite. Tout un pan de l’Histoire de l’aviation s’est ainsi effondré. A la fois symbole de progrès, d’audace, d’aventure, de voyages, mais également de valeur sûre, la Sabena (Société anonyme belge d’exploitation de la navigation aérienne) est intimement liée à notre passé, et chacun - faut-il le rappeler ? - a été bouleversé par cet atterrissage forcé. Suite à la faillite prononcée le 6 novembre 2001, les musées royaux d’Art et d’Histoire ont collecté les uniformes que les anciens Sabéniens ont bien voulu leur donner, en vue de préserver des témoins de l’Histoire nationale. En tout, pas moins de cinq-cents pièces et accessoires ont ainsi été récoltés.
A l’occasion du dixième anniversaire de la faillite, l’exposition "Le progrès venait du ciel - Histoire de la Sabena" (cf. "La Libre" du 29/09/2011) dévoile, au Cinquantenaire, non seulement les uniformes mythiques et inoubliables des hôtesses de l’air, mais aussi des pièces importantes telles qu’une hélice quadripale en bois de biplan Handley-Page HP-18, un moteur à hélice, l’autre à réaction, ou encore des sièges en osier d’autrefois, légers certes, mais fragiles et inflammables. Des sièges souvent baptisés par des voyageurs plutôt secoués lors des premiers transports aériens. Prêtées par le musée de l’Armée voisin, ces pièces étoffent l’exposition qui s’ouvre tout particulièrement aux familles ce dimanche 29 janvier.
Méconnaissable, le hall d’entrée du musée sera transformé en Café couture géant. Chacun pourra coudre des badges sur son chapeau ou transformer des pièces de vêtements et accessoires en morceaux d’uniformes avec l’aide précieuse de couturières qui, modèle sous le bras, attendront leurs apprentis sur fond de musiques jazzy et de chansons de Marilyn Monroe, Frank Sinatra, ou encore des classiques du Great American Songbook. L’uniforme est une pièce maitresse de l’exposition. Entre vêtement de travail et parure de mode, il a vite revêtu un caractère glamour lié à l’image de l’hôtesse de l’air, laquelle fit - et fait encore - fantasmer 99 pour cent - au moins - de la gent masculine. En arpentant l’allée principale, balisée des lumières bleutées en référence à celles qui éclairent les pistes, on suivra l’évolution de cet habit, parfois aussi court que les robes Courrèges, plus strict dans les années 70, à l’heure de la crise économique, et aussi coloré que varié, avec l’option cape ou manteau, sous l’ère Strelli, la dernière, en l’occurrence.
Dans le Studio Sabena, il sera proposé aux participants de créer l’affiche de leur propre compagnie d’aviation et ce, après avoir pris connaissance de l’importance de la communication à la Sabena, laquelle possédait son propre studio de création. Il fallait bien cela pour encourager les voyageurs à dépasser leurs peurs. L’aviation a nourri également l’univers chansonnier, et il suffit d’écrire ces mots pour que résonnent les rêves de Jacques Dutronc. Un atelier chant, "This is your captain singing", sera dirigé, entre autres, par le célèbre chef de chorale flamand Rudi Bravo. Et la journée s’achèvera par une grande "U-party" pour quelques pas de danse sur une chorégraphie inspirée des consignes de sécurité. Une nouvelle version, en quelque sorte, des fameux "Crazy signs" du Club Mediterranée.
Par ailleurs, depuis janvier, le Service éducatif propose diverses activités les mercredis, ou stages, durant les vacances pour permettre aux enfants de "customiser" leur chapeau, de se déguiser en hôtesse de l’air ou de fabriquer des origamis Sans perdre de vue qu’un sac Sabena attend chaque jour les visiteurs à l’entrée de l’exposition pour répondre à une question cruciale: "Y a-t-il un pilote au musée ? "
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