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Unforgettable, l’oubli n’est pas permis
Karin Tshidimba
Mis en ligne le 26/04/2012
Carrie Wells jouit d’une mémoire sans faille, atout mis au service de la police. Poppy Montgomery et Dylan Walsh de retour aux affaires. La une, 20 h 20.
Blonde dans "FBI : portés disparus", la voici rousse dans Unforgettable H H mais, pour le reste, peu de choses ont vraiment changé. L’actrice Poppy Montgomery promène toujours ce regard interrogateur sur les choses et les gens, qui lui permet de percer à jour de nombreux secrets. Après quelques années d’éclipse, la comédienne se retrouve en tête d’affiche de cette série CBS où elle incarne un ancien flic de Syracuse, aujourd’hui bénévole dans une maison de repos du Queens.
Mais Carrie Wells a une autre particularité de taille : elle n’oublie jamais rien. Chaque lieu, chaque phrase, chaque personne croisée reste à jamais gravé en elle. Une mémoire éléphantesque qu’elle peut convoquer à sa guise, en remontant y dénicher tous les détails enregistrés au fil des heures et des jours, presque à son insu. D’où ces scènes, un peu factices, où on la voit se "dédoubler", retournant sur les lieux traversés et revisualisant les scènes vécues, seconde par seconde.
Cette hyperthymésie (*), force indéniable dans son ancien job, Carrie la met parfois à profit pour réaliser quelques tours de "passe-passe" (blackjack, échecs) mais elle s’est révélée un lourd handicap dans sa vie quotidienne. C’est la raison pour laquelle, hantée par trop de visages désespérés, Carrie a abandonné son poste d’inspectrice, neuf ans auparavant. Elle savait qu’elle ne pourrait plus supporter tous les drames croisés; surtout si cela ne lui permettait pas de résoudre l’affaire qui lui tient le plus à cœur : la mort de sa sœur aînée, Rachel, lorsqu’elles étaient enfants.
Le meurtre de sa voisine la remet en contact avec son ancien coéquipier et petit ami, Al Burns (Dylan Walsh, ex- "Nip/Tuck"), qui ne tarde pas à lui demander de remettre son don au service de la police de New York. Pour la convaincre, il avance un autre argument : "un voile est en train de se lever" dans l’esprit de Carrie "qui lui permettrait sans doute, enfin, de découvrir qui est l’assassin de ta sœur".
Dans ses rapports avec l’équipe d’enquêteurs emmenée par Al, on retrouve de nombreux exemples antérieurs de consultants "inspirés" : Patrick Jane, le "Mentalist", le Dr Lightman de "Lie to Me" ou Allison Dubois de "Medium". Mais aussi, en remontant plus loin encore, Samantha Waters de "Profiler", avec qui Carrie partage un profil d’écorchée vive.
Dernière particularité de la série : la mère de Carrie, Alice, souffre d’Alzheimer. Une astuce qui permet aux scénaristes, emmenés par Ed Redlich et John Bellucci, de jouer sur le décalage entre "trop-plein" et "trop peu" de mémoire. Ces faits mis à part, "Unforgettable" est une série policière classique, facile à regarder, sans réelle surprise. Ainsi dans l’épisode 3 de cette première saison, une référence à peine voilée est faite à l’affaire DSK. Si ce n’est que l’homme en peignoir, cette fois, est retrouvé mort. Traitée de manière "didactique" et assez littérale dans un épisode de "New York : unité spéciale", diffusé vendredi dernier, l’affaire du patron du FMI n’a visiblement pas fini d’inspirer les scénaristes américains
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(*) Egalement appelée "mémoire autobiographique hautement supérieure", ce syndrome décrit par les scientifiques en 2006 ne touche que six personnes aux Etats-Unis. L’une d’entre elles, Marilu Henner, est consultante sur la série.



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