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Portraits de familles
Hubert Heyrendt
Mis en ligne le 31/07/2010
DÉCIDÉMENT, APRÈS 10 ANNÉES de bushisme et de remise en question de l’Amérique, les Etats-Unis n’en finissent plus de se replier sur les valeurs traditionnelles, et sur la première d’entre elles : la famille. Plus que jamais remise en avant à mesure que s’effritait la confiance dans les autorités publiques ou économiques du pays. Modern Family HH ne fait rien d’autre, même si elle relit cette famille à l’aune d’une certaine modernité.
Créée pour la chaine familiale ABC par Christopher Lloyd (le Doc de “Retour vers le futur”) et Steven Levitan, “Modern Family”, on s’en doute, ne rentre pas vraiment dans le lard des valeurs traditionnelles. Elle donne néanmoins à voir la diversité des cellules familiales contemporaines. On suit ainsi le quotidien de trois familles n’en faisant qu’une. Le père, Jay Pritchett, s’est remarié avec une superbe Colombienne beaucoup plus jeune que lui et tente de se faire accepter par le fils de celle-ci. Sa fille Claire, est, elle, garante de la tradition, mère au foyer modèle gérant comme elle peut ses trois enfants, dont une grande de 15 ans en pleine crise d’adolescence, et le quatrième : son mari Phil, tentant de jouer les pères ultra-cools. A l’opposé, Mitchell, le frère, vit en couple avec son compagnon Cameron?; ils viennent d’adopter une adorable petite Vietnamienne…
Famille recomposée, giron traditionnel, famille homoparentale, “Modern Family” s’attache à dépeindre la variété de la famille américaine aujourd’hui. Avec pas mal de réussite. Car à travers cette grande famille Pritchett, c’est l’Amérique qui est passée au crible, dans toutes ces composantes, culturelles, raciales, générationnelles…
Jamais méchante, cette sitcom grand public volontiers loufoque manque malheureusement d’un brin d’audace dans son propos pour sortir des sentiers battus et proposer un regard original (et donc véritablement intéressant) sur la famille contemporaine. On reste plus du côté de “Desperate Housewives” que des “Sopranos”…
Reste qu’on apprécie l’humour décalé de “Modern Life”. Ce n’est pas toujours très subtil (la VF n’arrange rien) mais on rit souvent dans cette série qui s’amuse gentiment des clichés sur les gays, les hispaniques, les Américains blancs moyens… tout comme des problèmes parents-enfants, finalement proches quelles que soient les familles.
On aime aussi la forme du “mockumentaire” à la “The Office”. Aux scènes de fiction succèdent des interviews des personnages qui commentent ce qui leur est arrivé. Une respiration et une distance bienvenues pour désamorcer un peu le côté guimauve d’un récit gentillet qui ne fait finalement que remettre au gout du jour les bonnes vieilles valeurs traditionnelles.
Aux Etats-Unis, depuis son lancement en septembre 2009, l’accueil est excellent et les audiences se sont stabilisées autour des 9 millions de téléspectateurs. Les 24 épisodes de la première saison auront donc une suite…
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