Série TV

Le public a mordu à belles dents dans "Moonlight", mardi soir sur TF1. Logique. C’est une bluette dégoulinante de bons sentiments doublée d’une trame policière haletante. Avec un héros détective à croquer. Surtout, "Moonlight" est une série de vampires, du genre qui cartonne actuellement. Mais elle est sans doute apparue un peu trop tôt sur les écrans américains : là-bas, elle a été tuée en mai 2008, après seize épisodes. Elle n’a pas eu le temps de bénéficier de l’effet "Twilight" - ce film qui fait couiner les ados (tiré du roman de la mormone Stephenie Meyer) et qui a suscité un extraordinaire engouement pour les créatures chimériques.

Désormais, les vampires sont partout : dans les bouquins de bit-lit (de "littérature de morsure") qui pullulent en librairie, sur les écrans de ciné (on attend le deuxième volet de "Twilight" et Tim Burton compte adapter la série gothique "Dark Shadows" en un long métrage avec Johnny Depp) Et surtout, en télé : HBO entame la deuxième saison du très addictif "True Blood", tandis que CW nous prépare pour la rentrée un clone de "Twilight" en mode sériel (amours de lycéens, regards ténébreux ), "Vampires Diaries". Ce qui intéresse le public là-dedans ? Les giclées d’hémoglobine ? La sensualité débridée ? Vous n’y êtes pas du tout. Si les histoires de vampires plaisent autant, c’est parce qu’elles sont de vrais contes moraux. Et le thème vampirique n’est pas uniquement exploitable sur le mode "contrôle des pulsions" (à cet égard, l’empreinte mormone sur "Twilight" est évidente). Il est aussi et surtout une métaphore des ségrégations (raciales et sexuelles) qui ont cours dans le monde. Mis au ban de la société par d’ignorants et rustres personnages, les vampires y trouvent finalement leur place en prouvant que leur valeur intrinsèque dépend moins de ce qu’ils sont que de ce qu’ils font. Et dire qu’on croyait simplement consommer du sang, des boyaux, de la rate et du cerveau !