Série TV

Fans de "Banshee", "Fargo" et "Justified" ? Renouvelez vos punchline avec Hap and Leonard***. Cette série déjantée (signée Jim Mickle et Nick Damici) suinte l’univers pulp (En référence au film "Pulp Fiction" de Quentin Tarantino) des frères Coen. Amérique profonde, classe ouvrière, femme fatale, flics ventripotents, tueurs en série et héros consacrés rivalisent d’originalité dans des dialogues particulièrement bien sentis.

Dans une atmosphère d’une violence explosive, imprévisible (gratuite ?), les deux showrunners se moquent des clichés qu’ils brisent avec un plaisir - très - mal dissimulé. Buddy movie (film de copains) noir mais drôle - librement inspiré du roman "Savage Season" de Joe R. Lansdale (1990) - "Hap and Leonard" offre une galerie de personnages nettement moins caricaturaux, plus fins, plus étoffés.

Le ton est cynique et faussement décontracté mais Hap et Leonard forment un ensemble attachant en avance sur son temps. Ex-taulard nonchalant mais fiable, Hap Collins a refusé de s’engager au Vietnam. Vétéran de la guerre, Leonard est viril, noir, gay, sanguin, fier. Tous deux sont des marginaux volontaires qui mettent à distance le Texas raciste et sexiste des années quatre-vingt.

Clash entre cultures et idéologies

Dans le rôle de Hap, James Purefoy (le général Marc Antoine dans "Rome", le serial killer Joe Carroll dans "Following") plante un bonhomme solide qui a la tête sur les épaules. Sensible et vulnérable, il n’a qu’une ambition : mener une vie paisible avec son ex-femme dont il est toujours amoureux.

Celle-ci est - bien entendu - interprétée par une créature aux formes plantureuses. En l’occurrence : la brillante Christina Hendricks, alias Trudy, ex-Joan de "Mad Men". Leonard - Michael K. Williams (l’inoubliable Omar Little dans "The Wire") - ne peut évidemment pas la sentir. Trudy n’en propose pas moins aux deux amis, inséparables depuis l’enfance, une chasse au trésor dans un patelin particulièrement hostile. Au cours de leur périple, ils croisent une bande de hippies révolutionnaires dealers de coke et un couple tueur en série fan de disco.

Sous ses allures creuses et son ambiance country, "Hap and Leonard" aborde toutefois des sujets très sérieux comme les séquelles de la guerre du Vietnam, l’homophobie, la xénophobie, les cultures et les idéologies - de la déliquescence des sixties au capitalisme reaganien des années quatre-vingt.

Une suite pour 2017

Repérée pour les très esthétiques et féroces "Rectify" et "Top of the Lake" (de Jane Campion), Sundance TV propose cette excellente série depuis le mois de mars, aux Etats-Unis. Chez nous, "Hap and Leonard" est en cours de diffusion sur la déclinaison française de la chaîne depuis le 2 juin 2016 (disponible sur Voo, Belgacom TV et Telenet).

"Hap and Leonard" connaîtra par ailleurs une deuxième saison. Celle-ci s’inspirera du deuxième roman sur Hap Collins et Leonard Pine : "Mucho Mojo" ("L’arbre à bouteille" en français). Que les fans se rassurent : elle sera relativement fidèle à l’ouvrage. Propriétaire d’une petite bicoque dans un quartier délabré, l’oncle Chester offrira un beau cadeau à son neveu Leonard… Le plancher est pourri, les voisins peu accueillants, mais pour vendre la maison le duo devra abattre des murs et prendre le risque de sortir les squelettes des placards… Ou des sous-sols.

Selon James Purefoy, le tournage devrait débuter en août ou en septembre. Livraison prévue début 2017.