Série TV

C’est une adaptation de "Témoin sous silence" ("Øyevitne" en VO), une série norvégienne diffusée par Arte en 2015, que proposent TF1 et La Une cette semaine. Si Les Innocents , en 6 x 52 minutes, s’avère fidèle d’un point de vue scénaristique à l’original, on ne retrouve pas totalement l’ambiance sombre et épurée du polar nordique.

Un soir d’été, dans une cabane perdue dans les Pyrénées, deux adolescents franchissent le pas qui sépare l’amitié du désir. Lucas et Yann sont surpris dans leurs ébats. A l’extérieur, un tueur abat froidement trois hommes. Puis se sauve. Les deux ados décident de garder le silence, de peur de révéler leur relation homosexuelle. Mais le tueur ne laissera pas Yann en paix, il a croisé son regard.

Tout en alimentant efficacement le suspense, les auteurs Didier Le Pêcheur et Delphine Labouret tissent avec assurance la toile de leur thriller. On découvre que Yann, dont la mère est en cure de désintoxication, est élevé par une tutrice, Hélène (Odile Vuillemin), qui est gendarme. C’est elle qui va se retrouver chargée de l’enquête, en collaboration avec les flics de la Crim’de Perpignan, dont un indic’a été abattu lors de la tuerie. On entre aussi progressivement dans un univers annexe, interlope, celui d’une boîte de nuit tenue par un type mêlé à un trafic de drogue (Olivier Marchal), dont la fille a disparu.

Les réalisateurs, Frédéric Berthe et François Ryckelynck, s’appuyant sur une nature envoûtante, maintiennent une tension permanente, mais leur mise en scène manque de finesse. Comme si les obligations du prime time sur TF1 les corsetaient dans leur approche. Les personnages souffrent également d’une écriture trop peu subtile, et seul le jeu des comédiens, tous excellents, parvient à leur insuffler une épaisseur psychologique. Odile Vuillemin étonne, en femme peu démonstrative qui apprend à jongler entre son métier d’enquêtrice et son rôle inédit de mère de substitution. 

Les épisodes 1 et 2 sont diffusés dimanche sur La Une et jeudi, à 21h sur TF1.