Série TV

J’ai eu l’idée de cette série en visionnant ‘Band of Brothers’. Cela m’a rassuré sur la possibilité de faire de grandes choses en télévision. Tout en étant bien conscient de la difficulté et du coût des tournages en costumes dans des décors souvent chers ou difficilement accessibles." Des données qui expliquent, selon le producteur Ilan Goldman, le lent cheminement qui a permis la réalisation de l’un de ses rêves : la réalisation de la série Résistance, grâce à un partenariat entre TF1 et Gaumont.

Par le petit bout de la lorgnette

Les trois premiers épisodes de cette mini-série ont été projetés jeudi soir en avant-première au festival Séries Mania à Paris. Quarate-huit heures avant que ne se donne à voir un autre récit portant, cette fois, sur le premier conflit mondial, vu à travers le prisme des hôpitaux du front : The Crimson Field. Une série portée par le charme de la jeune Britannique Oona Chaplin, actrice très prisée en ce moment.

"Normalement, TF1 ne fait plus de séries historiques, mais ce qui nous a convaincus c’est l’angle choisi par Dan Franck : celui de nous faire entrer dans cette Histoire par la petite porte à travers le parcours de la jeune Lili." Dans ce rôle-titre, on découvre (ou retrouve) la jeune Pauline Burlet ("Le Passé"), révoltée par les injustices, les lois iniques et le mépris affiché par les Allemands, qui bascule lentement dans le camp de la résistance.

"Sur beaucoup de thématiques qui touchent le grand public, la série a pris le relais du roman", aime rappeler le scénariste Dan Franck. C’est donc tout naturellement vers le petit écran qu’il s’est tourné pour "raconter cette aventure de solidarité, ce travail collectif et opiniâtre qui a uni les résistants français" depuis les balbutiements jusqu’à la libération de Paris en mai 1944.

Le bon côté de cette mini-série en six épisodes (attendue en mai sur TF1), c’est qu’elle s’intéresse aux premiers temps du mouvement clandestin, lorsqu’il s’agissait encore de cacher des gens, d’aider au rapatriement des aviateurs britanniques ou de publier des journaux de résistance à l’occupant. Avant même les grandes opérations de sabotage ou les exécutions d’officiers allemands en représailles.

S’attachant aux premiers pas de Lili (Pauline Burlet) et du "gosse" (César Domboy), la caméra se fait complice de leurs découvertes, de leur prise de conscience, de leurs premières trouilles et de leurs désillusions aussi. Même si l’objectif a tendance à se tenir au plus près de l’émotion, il embrasse des parcours humains variés et parfois décalés (directement inspirés de personnages réels) qui donnent chair à cette aventure de l’ombre.

Cette impression est aussi celle qui prévaut en découvrant la série de la BBC. En se penchant sur le parcours de trois jeunes volontaires et d’une infirmière professionnelle venues gonfler les effectifs de l’un des hôpitaux de campagne établis non loin des côtes françaises, The Crimson Field donne un visage humain et proche de nous à ce conflit dont l’on fête le centenaire cette année. Perdues dans un océan de tentes blanches, entre bandages à laver et hommes à soutenir et à réconforter, elles sont les premiers témoins d’un monde en pleine déconfiture et d’une société en profonde mutation.

Chacun défend son territoire

Portée par un souffle épique, mais aussi par de nombreux ressorts mélodramatiques qui font songer à sa compatriote "Downton Abbey" (le luxe et le calme en moins), "The Crimson Field" construit son récit à hauteur humaine, permettant de comprendre les transformations radicales (sociales, politiques, mentalités, statut de la femme, etc.) engendrées par le conflit.

"Dans l’équipe, il n’y avait pas une seule personne dont la famille ne soit pas connectée de près ou de loin avec le conflit. Ils ont donc tous été passionnés et très impliqués tout au long de la réalisation des six épisodes. Il y a une telle soif de mieux connaître la vie de nos grands-parents", note la scénariste Sarah Phelps.

"Dans cette histoire, on voit aussi les ego et les tensions de femmes qui peuvent être de vraies lionnes entre elles. La sœur Margaret Quayle tente de défendre ses privilèges et son territoire face aux nouvelles arrivées. Or, c’est de cela que parlent toutes les guerres."