Série TV Pour les réalisateurs de "Like-moi!", pas question de tomber dans la parodie.  Rencontre. 

Dans les caves du site de Tours et Taxi, une grande équipe de réalisation s’anime pour tourner l’un des 98 sketches de la série "Like-moi!". Cette comédie humoristique est d’origine canadienne, créée par Marc Brunet et diffusée sur les réseaux sociaux et Télé-Québec. En avril 2016, le sketch "Regarde la photo du bébé" (ci-dessous) devient viral en France avec plus de 8 millions de vues sur Facebook. 


Produite par France 4, cette adaptation en tournage à Bruxelles est une coproduction avec la RTBF et RTS (Suisse), promettant une visibilité européenne à la série.

Adaptée et réalisée par François Uzan et Nadja Anane, cette nouvelle version de "Like-moi!" garde le thème d’origine : la génération Y. "Le thème est la seule unité de la série car chaque sketch est d’un style différent. Il y a des fausses émissions, des fausses pubs, des scènes du quotidien et des sketches sur la relation de la génération Y avec la technologie", nous explique François Uzan, le temps d’une pause avant le tournage de la scène de l’addition (en mode "Je paie", "Non c'est moi", "Non, je vais payer", "Non, t'inquiètes je paie", etc.).

Un esprit de troupe de théâtre

Pour jouer les différents rôles de cette génération Y, seulement huit acteurs, quatre garçons et quatre filles aux parcours divers. "Les comédiens sont très polyvalents, ils passent d’un rôle à un autre en très peu de temps. C’est une sorte de Lego jouissif", remarque François Uzan. "C’est très plaisant de vivre avec eux, il y a un véritable esprit de troupe", complète la réalisatrice Nadja Anane. Cet esprit est également partagé par la seule comédienne belge de la bande, Bérangère McNeese. "Je pense qu’on était tous intéressés par le large panel de rôles à jouer, c’est une vraie aventure de troupe de théâtre." La comédienne de 28 ans, qui enchaîne les tournages entre Bruxelles et Paris, a une cinquantaine de rôles dans la série. "Ce qui est différent par rapport à d’autres séries, c’est l’expérience, les textes qui sont très drôles et le vrai propos, ce qui est rare. Je me retrouve dans certains sketches, on dépeint de vraies situations", raconte Bérangère McNeese.

"Ne pas trahir"

Même si toute l’adaptation a été tournée en Belgique et que les réalisateurs ont tenté de "relocaliser les blagues en Europe", l’idée était de rester fidèle à la version québécoise. "On voulait à tout prix éviter de devenir la parodie d’une parodie. Il ne fallait pas tout réécrire et surtout ne pas trahir", insiste François Uzan. Le duo de réalisateurs a eu un très bon contact avec Marc Brunet, le créateur de la version québécoise. Celui-ci a adoré l’idée d’une adaptation en Europe, ce qui ajoute une certaine pression sur le tournage. "On ne veut pas le décevoir. Mais le rythme est intense. Sur les 35 jours de tournage, on a bougé tous les jours, chaque sketch est tourné dans un décor différent", explique Nadja Anane, également chef opératrice.

Format et réseaux sociaux

La série sera composée de 12 épisodes de 26 minutes, composés de 8 sketches chacun. Même si la forme de diffusion n’est pas encore connue, les réalisateurs confirment déjà que les 98 sketches porteront sur des angles variés mais qu’ils seront tous axés sur le thème de la génération Y et de son rapport aux réseaux sociaux. La présence d'épisodes ou de teasing sur les réseaux sociaux fait également partie du projet. "L’avantage c’est qu’on retrouve cette même culture des réseaux sociaux dans les trois pays qui coproduisent la série. Et comme pour la version québécoise, l’idée est qu’une partie se retrouve sur le web. Il serait assez logique de pouvoir liker "Like-moi!"", plaisante François Uzan.

A voir cette troupe de comédiens passionnés et travailleurs tourner des scènes de leur quotidien, nul doute que la série sera le miroir fidèle mais un peu moqueur de la génération Y. "Cette génération a un nouveau rapport à sa propre image, ça me fait flipper. Mais c’est aussi une génération hyper curieuse", constate Bérangère McNeese. Les textes, le jeu des comédiens et le format de la série, propice à une large visibilité sur les réseaux sociaux, sont tournés vers un public guidé par l’immédiateté et l’image.