Série TV Que penser de "The Defenders" lancé depuis le 18 août ? Notre critique.

Avengers" version télé, "The Defenders", nouvelle série Netflix en ligne depuis le 18 août, agrège quatre super-héros Marvel issus de séries jusque-là autonomes : Jessica Jones, Daredevil, Luke Cage et Iron Fist. Les deux premiers avaient constitué d’agréables surprises, adaptations réussies, à même de séduire les fans des comic books originaux comme les profanes. Le mérite en revenait en partie à leurs interprètes principaux, Krysten Ritter et Charlie Cox. Les deux dernières, et Iron Fist en particulier, avaient déçu. En toute logique, "The Defenders" laisse une impression mitigée.

Avec autant de personnages - auxquels s’ajoutent leurs comparses attitrés - la mini-série de huit épisodes n’a guère le temps de s’appesantir sur chacun. D’autant que l’enjeu est la survie de New York et ses habitants, pris en étau dans une lutte séculaire entre la Main (organisation ninja et mafieuse) et les derniers survivants des Chastes, caste de moines-soldats orientaux. Pour incarner les deux ordres, il fallait des acteurs de poids. Marvel s’est offert Sigourney Weaver dans le rôle de la grande méchante Alexandra, impériale dès sa première scène, tandis que Scott Glenn reprend le rôle de Stick, mentor ambigu de Daredevil et de sa Nemesis Elektra (Elodie Yung) qui revient pour le plus grand plaisir des fans.

On retrouve aussi Claire, trait d’union entre les séries (la toujours sémillante Rosario Dawson) et Misty Knight, la flic afro-américaine qu’on croirait sortie d’un vieux film Blaxploitation (Simone Missick).

Quelques incohérences

Point positif : dès le premier épisode, le rythme est soutenu. Point négatif : l’action prend le dessus - certains épisodes ne sont presque qu’une succession de combats, certes bien menés - et les incohérences sont nombreuses (le commissariat où tous les prévenus se baladent comme si de rien n’était).

Formellement, on note quelques tics agaçants, comme les filtres jaunes plaqués sur les scènes de l’univers stéréotypé de Cage ou les plans de transition avec rames de métro sur fond de gratte-ciel - so cliché

Ritter et Cox tirent leur épingle du jeu : charismatiques, nuancés et tourmentés à souhait. Jones/Ritter apporte le second degré et le recul nécessaires à cet univers un peu outré. Cage/Mike Colter prend un peu d’épaisseur. Mais le maillon faible demeure Iron Fist (et son interprète Finn Jones). Non sans ironie, le scénario en fera d’ailleurs le boulet. Et non sans paradoxe, Alexandra et Elektra ravissent la vedette aux Defenders. Si on est circonspect sur l’avenir de Cage et Iron Fist, on reste curieux de voir comment Daredevil et Jessica Jones évolueront à partir d’ici.