Série TV Illustrant les périls rencontrés par la démocratie, la série norvégienne s’est notamment tournée en Belgique.

A travers la grande baie vitrée, la vue sur les toits est magnifique. Le soleil souligne la blancheur des façades découpées sur le ciel bleu, pignons et statuettes accentuant encore l’impression d’être ailleurs. Cet "ailleurs", en raison des toitures en zinc et des coupoles chères au style haussmannien, est devenu Paris par la magie des caméras. Le design élégant et épuré de cet appartement anversois sert de décor à une scène de retrouvailles entre le ministre Jesper Berg (Henrik Mestad) et son ex-femme, censée se dérouler à Paris. Ils étaient en mauvaise posture en fin de saison 1 et la situation semble empirer.

En acceptant qu’il vienne se réfugier chez elle, Astrid met en péril le nouveau couple qu’elle forme avec un avocat français spécialisé en droits de l’homme. D’autant que Jesper Berg tente d’installer un gouvernement en exil… Les tensions entre Russie et Norvège n’ont jamais été plus aiguës, ce qui rejaillit sur les relations du trio.

Triangle amoureux et tensions politiques

"Il règne une ambiance particulière dans cet appartement même si, au départ, il y a la joie de savoir Jesper en vie. Malgré nous, nous allons devoir collaborer. Jesper a un mauvais karma et il reste profondément manipulateur. Cela va créer une situation riche en non-dits, en semi-politesses et en bonne volonté. La saison 2 propose un croisement d’intrigues politiques et de triangle amoureux", détaille l’acteur Mehdi Nebbou qui incarne "un garçon lui aussi ambigu, mais pas dans son métier. Il est plus jaloux et plus violent qu’il ne le laisse paraître".

Contacté via son agent, le comédien a trouvé le pitch de la série "Occupied" "génial" et a visionné toute la saison 1 pour mieux entrer dans son personnage. "Le problème que traite la série est mondial : vouloir un environnement plus sain mais ne pas être prêt à perdre de l’argent pour cela. Comme dans la réalité, le bon sens entre en conflit avec les besoins que l’homme s’est créés."

Il faut dire que cette histoire d’invasion de la Norvège par la Russie a beaucoup fait parler d’elle, bien avant la diffusion de la première saison, fin 2015. Parfois la fiction est si proche de la réalité qu’un article de "Vanity Fair" a titré à propos d’Occupied : "Le thriller norvégien qui prédit le désastre de la géopolitique de Trump…" Il faut dire que le public américain s’est passionné pour ce thriller politique qui a suscité de nombreux commentaires sur Twitter.

Une intrigue plus vraie que nature

A l’heure où l’Europe semble plus que jamais en difficultés, l’effet de réalisme est sciemment recherché par les créateurs d’Occupied. "Nous avons effectué beaucoup de recherches, les scénaristes sont notamment en contact avec l’ancien et le nouveau Premier ministre norvégien et nous avons un conseiller militaire à nos côtés", précisent le réalisateur Jens Lien et l’acteur Henrik Mestad qui campe le Premier ministre.

L’acteur Mehdi Nebbou est bilingue français-allemand, ce qui lui donne une certaine aisance sur le plateau où Russes, Suédois, Norvégiens, Français et Belges se côtoient. Une belle opportunité pour Arte l’européenne. "C’est enrichissant de parler avec des gens qui viennent d’un pays qu’on ne connaît pas. Ce sont des voyages que l’on effectue à l’intérieur même de son travail." S’il doit faire un peu de post-synchronisation à Oslo après le tournage - ce qu’il espère vivement - l’acteur emmènera d’ailleurs sa mère découvrir les aurores boréales.

Entamé le 21 août dernier, le tournage de cette saison 2 s’est terminé en février et les plus rapides pourront en découvrir les deux premiers épisodes dès le 22 avril puisqu’ils seront projetés dans le cadre du Festival Séries Mania à Paris. Entre château de la Hulpe, vue sur les toits anversois et sur le Cinquantenaire bruxellois, les clins d’œil belges n’y manquent pas.