Série TV

Louée soit la célérité avec laquelle Be TV propose cette 2e saison de "Pushing Daisies". Le plat de résistance, en fait, car les 9 épisodes de la première saison avaient tout au plus valeur de mise en bouche. Mais gare aux plus insatiables d’entre nous : ces 13 aventures risquent d’avoir un arrière-goût amer. Ce sont en effet les dernières et ce n’est pas l’annonce du possible lancement d’une bande dessinée (voire d’un film) prolongeant la série qui effacera ce goût de trop peu, ce parfum de gâchis final. Il faut dire qu’on raffole de ce petit côté "Mary Poppins" ou "Alice au pays des merveilles", pour le mélange entre absurdie et décor acidulé. Il y a de la magie dans cette "bonbonnière" qui évite soigneusement tout sentiment bidon.

Voilà déjà un an, 22 semaines et 4 jours que Ned (Lee Pace) a ramené Chuck (Anna Friel) à la vie. Cette nouvelle saison démarre donc sur les chapeaux de roues avec un mystèK. Tre mêlant parfum de miel et "Mélodie du bonheur", lourds secrets de famille et foyers délaissés, le tout revisité par un essaim de bonnes sœurs sur fond d’alpages enchantés. Tous givrés, on vous le disait

Voici les faits. Chuck est passablement troublée par la révélation de Ned : son implication, involontaire, dans le décès du père de Chuck, il y a vingt ans. A l’époque, Ned maîtrisait mal son don de "ressusciteur". En outre, depuis qu’un expert olfactif s’est mis sur la piste de la demoiselle, guidé par ce curieux parfum mêlé de miel et de mort, le secret (de son retour sur terre) risque à tout moment de voler en éclats. "Je vous soupçonne d’en savoir beaucoup sur la mort", lui lance-t-il. A raison. Le lourd poids des secrets, voilà justement ce qui entrave la vie d’Olive, serveuse vainement éprise de son patron, le charmant pâtissier. Au point de vouloir briser son idylle avec celle revenue d’outre-tombe ? Mystère. Dans le genre "empêcheur de s’aimer en rond", on applaudit aussi au personnage d’Emerson Cod, nounours faussement bourru, cachant un douloureux secret sous sa carapace pragmatique.

De "Pushing daisies", on aime l’humour pince-sans-rire, la poésie et le goût pour les allitérations développées par le narrateur, faisant de chacune de ses interventions un moment "délicieux". On aime, aussi, le sens de la repartie, les jeux de mots et la pointe de non-sense cultivés par les dialogues. A dire vrai, comme la tante Lily, accro aux tartes parfumées aux antidépresseurs homéopathiques, on est un peu "addict" Et impressionné par le créateur Bryan Fuller, qui a su trouver tant de mots doux pour parler de la mort et du vide laissé par les êtres chers. Est-il nécessaire de préciser que ce savoureux "muffin" a bien mérité ses trois pépites (3 Emmy awards, autrement dit)? Non, quelques secondes de générique suffisent, tout est dit.