Série TV T rouver la prochaine Birgitte Nyborg ("Borgen") wallonne. Créer un rendez-vous systématique avec le public en Wallonie et à Bruxelles." Ce sont les objectifs de la création de ce fonds pour le développement et la production des séries belges, présenté mercredi à Reyers. Les premiers fruits en sont attendus en novembre 2014.

"Ce n’est pas un repli sur soi ou une fermeture, insiste Bernadette Wynants, présidente du Conseil d’administration de la RTBF. C’est un appel d’air pour tous nos créateurs : scénaristes, réalisateurs, acteurs, et un soutien concret qui participe du dynamisme du secteur audiovisuel."

Ce mercredi, la Fédération Wallonie- Bruxelles et la RTBF ont en effet annoncé leur intention de consacrer des moyens financiers annuels afin de pérenniser le développement et la production de séries belges.

"Depuis 2006, la relance des séries belges a permis de reprendre contact avec les téléspectateurs : on est passé de 200 000 fidèles à "7e Ciel Belgique" à 350 000 pour "A tort ou à raison". Ce rendez-vous avec le public existe donc et nous allons le renforcer avec ces nouvelles séries belges." Une annonce qui constitue une bonne nouvelle pour l’emploi, aussi, puisque la production d’une série comme "A tort ou à raison", "ce sont 130 comédiens et 80 techniciens qui travaillent pendant trois mois", rappelle Mme Wynants.

La création de ce fonds "permet d’élargir l’assiette financière à destination de la production locale" en prévoyant la mise en chantier de 40 épisodes (52 minutes) par an, soit quatre séries pouvant être tournées en partie à Liège (dans le studio 41 de Média-Rives).

"D’ici 5 ans à 10 ans maximum, avec l’arrivée massive des séries américaines via Netflix et Google TV, les chaînes qui ne produisent pas seront disqualifiées. C’est un énorme challenge mais qui joue plutôt en notre faveur", insiste Arlette Zylberberg, responsable du secteur Fiction à la RTBF.

"On travaille pour le public local : nos 4 millions de téléspectateurs, souligne Fadila Laanan. Mais notre intention est évidemment que ce soit exportable, que le résultat soit tellement génial que les Français et même les francophones du monde entier souhaitent voir nos programmes", s’emballe la ministre de l’Audiovisuel et de la Culture.

Pure fiction ? Pas sûr. L’envol international de la fiction flamande (cf. ci-contre) pourrait servir de modèle côté wallon.

"Je suis intimement convaincu de cette nécessité depuis mon arrivée à la RTBF, souligne François Tron, patron des chaînes RTBF. Il faudra seulement que les scénaristes belges s’habituent à écrire en pool et à travailler à un autre rythme."

Et rivaliser avec les françaises "Engrenages" et "Les revenants"?