Série TV

Le festival "Série Series" s’ouvre ce mercredi à Fontainebleau et se déroulera jusqu’au 30 juin. La déléguée générale Marie Barraco détaille les spécificités de ce festival face au nombre croissant d’événements liés aux séries en France. Et défend sa programmation.

L’apparition en 2018 de Cannes Séries et du Festival international de séries à Lille, remet-il en cause "Série Series" ?

Il y a un questionnement sur le développement des manifestations. C’est positif, parce qu’on accompagne un secteur qui connaît un essor extrêmement fort. Mais il faut éviter la surenchère qui amène les événements à se parasiter. Chacun doit avoir son identité propre pour conserver un intérêt. Nous avons accompagné la candidature de Lille, qui a gagné l’appel d’offres du ministère de la Culture en début d’année. L’objectif était de créer une compétition internationale et un marché. C’est complémentaire avec "Série Series", qui est dédié à la création, à l’anticipation. Les séries présentées dans le cadre des "what’s next" ou des "work in progress" à Fontainebleau peuvent se retrouver ensuite à Berlin, Séries Mania, Cannes ou Lille.

Quel public attirez-vous ?

Nous accueillons 2 500 personnes sur trois jours, qui viennent dialoguer avec 600 professionnels. L’an dernier, la plateforme Studio + y a fait son lancement. Cette année, on présente pour la première fois une websérie de Blackpills, "All Wrong", en partenariat avec le Marseille Web Fest, festival consacré à la web-création.

Quelle est la thématique de la sixième édition ?

Après l’audace et la responsabilité, nous avons choisi le courage comme fil rouge, et les "one vision", qui permettent à une personnalité de s’exprimer pendant 20 minutes, ont été préparées autour de ce thème. Le courage peut consister à produire, comme la Britannique Ruth Caleb, des œuvres engagées sur l’Ira, la pédophilie dans les milieux politiques, ou Al-Qaïda.

Mais aussi à imposer des sujets, à croire en sa passion. Nous rappelons aussi la responsabilité qui incombe à ceux qui conçoivent, créent, produisent et diffusent des séries, média extrêmement puissant. Celles que nous programmons racontent toutes quelque chose de la société dans laquelle on vit, notamment sur l’Europe.

Quelles sont les séries phares de votre programmation ?

Nous présentons une douzaine de séries fortes et singulières. Nous ouvrons le bal avec "Hassel", une série suédoise très noire avec une esthétique puissante, produite pour un nouvel entrant dans les pays nordiques, l’opérateur Viaplay. Autre série très identifiée, "Tabula Rasa", un thriller psychologique fantastique de la VRT. Nous présentons aussi deux comédies : "The Simple Heist", série suédoise autour de deux femmes sexagénaires qui décident de braquer une banque, et "Match", série norvégienne décalée en 14 minutes, dans laquelle des commentateurs sportifs commentent la vie d’un jeune garçon. Et l’on accueille deux séries politiques allemandes, "The Same Sky" (ZDF), sur la guerre froide, et "Five2twelve" (Kika), série proche du documentaire sur des ados dans un camp de redressement. On constate d’ailleurs une remontée en puissance des Allemands.

Qu’en est-il des séries en cours de production ?

On voit émerger des tendances, avec des séries traitant de la crise des réfugiés, du terrorisme, du monde de la banque ou de l’industrie pharmaceutique. Nous avons une coproduction, "18", avec des points de vue de personnes de nationalités différentes sur la guerre. Ou des comédies : "Sirene" (RAI), un conte de fées, et "Champion", développée pour la RTBF sur le monde du ballon rond autour du footballeur Souliman Ben Arafa. Série qui sera en tournage cet été.

Sur quels sujets portent vos tables rondes ?

Nous aurons un débat politique, ce mercredi, sur le croisement entre diffuseurs publics, collectivités territoriales et création. Nous aurons une discussion sur les séries longues et l’engagement intime des créateurs. Et nous proposons une nouvelle initiative, une adaptation aux auteurs et aux producteurs du "conclave des diffuseurs", cette réunion à huis clos des directeurs de fiction européens que nous organisons depuis cinq ans.