Série TV

Elle n'a pas la profondeur dramatique de "Six Feet Under", ni le côté pétillant et décalé d'"Ally McBeal" à laquelle on songe forcément en retrouvant son égérie, la brindille Calista Flockhart, mais Brothers & Sisters **(le dimanche à 20 h 20 sur RTL-TVI dès le 22/7) a ce "petit-je-ne-sais-quoi" qui fait qu'on s'attache à cette famille atypique (nombreuse et quelque peu névrosée) dont la vie pourtant "classique" sert de trame à la nouvelle série familiale d'ABC. Le public et la critique ne s'y sont pas trompés, qui l'ont crédité de belles audiences et d'échos flatteurs tout au long de la saison 2006-2007.

La deuxième saison est donc en cours de production pour la plus grande joie de fans qui ne se sont pas arrêtés à un casting certes prestigieux mais qui aurait pu aussi bien virer à la tragique succession de solos. Avec des personnalités telles que Calista Flockhart (Kitty), Sally Field (Nora, la mère de famille), Rachel Griffiths (Sarah, la soeur aînée), Balthazar Getty (Thomas, le grand frère loyal), Matthew Rhys (Kevin, avocat et homosexuel discret) et Dave Annable (Justin, le cadet perturbé et drogué), sans oublier Ron Rifkin et Patricia Wettig (deux proches de la famille), les choses auraient pu rapidement tourner court mais le savoir-faire et la magie ont opéré. Une série réaliste qui sait comment parler du quotidien.

Autre nouveauté américaine, à déguster dès le 20 août à 20 h 30 sur Be 1, "The Lost Room". Ou le retour au petit écran de Peter Krause, inoubliable Nate de "Six Feet Under". L'acteur change ici de style pour s'essayer au fantastique façon "Quatrième Dimension"; il endosse le rôle d'un détective enquêtant sur la disparition de sa fille. La vérité, il la trouvera dans la chambre 10 du Sunshine Motel, le long de la mythique Route 66... Une mini-série en six épisodes précédée d'une excellente réputation.

Et côté français ?

Pour faire rêver les ados, France 2 propose, elle, dès le 16/7 (du lundi au vendredi à 10 h 20) une série écrite et réalisée de manière à épouser leur univers. Quand Charles Templon (alias Alex) et Joséphine Jobert (Alice) échangent des mots d'amour, ce sont leurs propres mots qu'ils utilisent, placés par le réalisateur Stéphane Meunier ("Les Yeux dans les bleus") en situation d'improvisation. Ils évoluent aussi à leur rythme, suivis dans leurs mouvements par la caméra, au plus près du réel. C'est ce qui donne à Foudre ** son côté frais, spontané. Mais ce road-movie, qui nous emmène jusqu'en Nouvelle-Calédonie, est une vraie romance, avec de grands sentiments, une quête éperdue et des scènes passionnées qui ne manquent pas de sensualité. Ces 26x26 minutes contiennent aussi leur part de mystère et de magie.

Des ingrédients que l'on retrouve, peu ou prou, dans "La Prophétie d'Avignon" (prévue à la mi-août sur La une et sur France 2), série d'été à destination d'un public plus vaste. Tournée dans l'enceinte du Palais des Papes à Avignon, fortement empreinte d'ésotérisme et de fantastique, cette aventure en 8x52 minutes est basée sur une légende selon laquelle le pape Jean XXII détenait une prophétie prédisant le futur jusqu'à la fin du quatrième millénaire. Au coeur de la tourmente : Estelle Esperanza (Louise Monot), la conservatrice adjointe du Palais, et des protagonistes souvent troubles, incarnés par Guillaume Cramoisan, Bruno Madinier, François Dunoyer ou Marthe Keller.

Enfin, dans le même registre de la saga estivale aux accents ésotériques, La légende des trois clés * est la troisième production M6 à faire son apparition sur l'antenne de RTL-TVI, après "Suspectes" et "La lance de la destinée". Réalisée par Patrick Dewolf, produite par Nelka films, cette mini-série en trois épisodes d'une heure et demie ne parvient pas à sortir du lot.

D'une banalité à pleurer, ultra-prévisible, son intrigue se contente d'accumuler les clichés du genre, ici encore sur fond d'une vieille prophétie moyenâgeuse. Selon laquelle trois enfants devront réunir les trois clés qui les mèneront au trésor des Templiers, sous peine de rendre l'âme. Fade au possible, la réalisation ne parvient pas à donner une once de rythme - un comble pour un téléfilm d'aventures -, tandis que Thierry Neuvic ("Clara Sheller") fait pitié tant il surjoue. Seule la souriante Julie Gayet apporte un peu de justesse à l'ensemble. Ça ne suffit pas...

© La Libre Belgique 2007