Série TV

Un point commun rattache certaines des âmes perdues croisées au Festival Séries Mania durant une semaine : ce sont les tourments qui s’y déploient, émanant de pères et de mères mis en difficultés par leur progéniture.

Le premier d’entre eux est une figure bien connue de la société traditionnelle : celle du juge intègre. Ainsi se définissait Micha Alkoby avant que son fils ne renverse un motard et ne commette un délit de fuite. Découvrant l’identité du motard accidenté, Micha Alkoby, en lice pour un nouveau poste, va être amené à prendre une série de décisions qui pourraient s’avérer catastrophiques pour la suite de sa carrière…

Signée Shlomo Mashiach et Ron Ninio, Your Honor, série israélienne en 12 épisodes, se déroule à la façon d’un thriller, un sombre engrenage qui ne l’empêche pas de se pencher sur les maux dont souffrent ses personnages. Saluant sa "façon d’explorer la profondeur de l’âme humaine", "Your Honor" a été couronnée Grand prix du jury.

Jeunesse meurtrière

La trame de Born to kill fait forcément froid dans le dos puisqu’elle s’attache à dépeindre les premiers dérapages d’un adolescent aussi glaçant que perturbé, en proie à des accès de rage et à des pulsions meurtrières. Jeune homme apparemment sans histoire quoique très solitaire, Sam aime rôder dans l’hôpital où travaille sa mère et où il fait la lecture à des personnes âgées. Mais cette façade très respectable peine de plus en plus à cacher ses tourments et ce besoin viscéral qu’il éprouve de tout contrôler, d’être reconnu et d’affirmer son charisme.

Dans ce rôle très "borderline", le tout jeune Jack Rowan fait preuve d’une maîtrise bluffante et réellement inquiétante. Décrivant l’adolescence d’un (futur) sociopathe, voilà une série perturbante comme seuls les Britanniques semblent être capables d’en écrire et comme Channel 4 les aime…

Lorsqu’elle découvre que son fils vend de la drogue, Hanna Svensson, policière d’élite, ne fait pas dans le détail : elle s’arrange pour qu’il soit arrêté et envoyé en prison. Sa vie bascule une deuxième fois lorsque son collègue et amant, Sven, disparaît un matin, visiblement victime d’un kidnapping.

Fragilisée, Hanna ne peut se tourner vers son fils qui refuse de renouer avec elle à sa sortie de prison. D’autant qu’un doute la taraude : a-t-il vraiment mis un terme à ses activités criminelles ? Développée par Niklas Rockström pour la télévision suédoise (SVT), Before we die est une série en 10 épisodes qui promet de multiples rebondissements. On n’est pas dans l’atmosphère sombre du thriller psychologique Bron même si les premiers épisodes de la série permettent de se frotter à quelques esprits bien torturés.

Un château de cartes

Enfin, on ne résiste pas à la tentation de parler de Seven types of ambiguity car la série australienne a les mêmes concepteurs que la célèbre The Slap (La Gifle) et a d’ailleurs adopté la même structure narrative. Soit sept épisodes qui permettent de découvrir cette histoire de kidnapping mystérieux selon le point de vue des différents protagonistes de l’affaire. A commencer par le père de Sam, homme d’affaires très sûr de lui qui voit son monde s’effondrer lorsque son fils disparaît à la sortie de l’école. De fil en aiguille, l’enquête révèle des mensonges et des omissions dans le récit du père comme de la mère de Sam, de quoi introduire le doute au cœur de ce couple apparemment sans histoire.

Accordant une attention particulière à la psychologie de ses personnages et un soin tout particulier à la description de leurs faits et gestes, cette série en 6 épisodes s’annonce comme une énigme passionnante à décrypter. Si le petit Sam n’a rien à se reprocher, c’est sa disparition qui va faire vaciller le château de cartes bâti par les adultes qui l’entourent.