Série TV

Coup de tonnerre dans le ciel des séries : "American Crime" n’aura pas de saison 4. Après avoir exploré les affres du racisme, de l’homophobie et de la traite des êtres humains, la série créée par John Ridley ne pourra pas poursuivre son introspection des ratés de la société américaine. ABC jette l’éponge. Une nouvelle désolante pour tous ses fans de part et d’autre de l’Atlantique. Cette annulation pour cause d’audiences insuffisantes rappelle à tous les amateurs de séries la dure loi du mois de mai.

Guerre des audiences et "Peak TV"

Quand on aime, on ne compte pas, dit-on, mais quid du temps de cerveau disponible ? Comme le constatent les amateurs de livres et de films, qui dit surabondance dit aussi augmentation exponentielle du nombre de films et de livres morts-nés, à peine publiés ou projetés, déjà oubliés.

Depuis le début des années 2010, le nombre de séries a explosé avec la montée en puissance des chaînes câblées et l’apparition des géants du streaming. Cette tendance mondiale a un nom : "Peak TV", la télévision arrivée à son sommet de production, signe de la puissance du genre. Cette profusion permet-elle à des propositions minoritaires et plus audacieuses d’exister ? Ou court-on au contraire le risque de voir des productions moins qualitatives, plus formatées ? Et quid de la lassitude et de la volatilité du public ?

D’un côté, la profusion de canaux et de fonds disponibles attire des talents qui n’avaient jamais songé à la télévision avant : cinéastes et acteurs habitués à jouer sur grand écran. D’un autre, le risque existe que la quantité prime sur la qualité et que les diffuseurs visent avant tout l’efficacité. Qui dit davantage de séries, dit aussi davantage de concurrence entre studios et diffuseurs, et donc la nécessité de séduire à tout prix émerge. On en voit déjà l’une des dérives possibles avec Netflix qui propose de demander aux spectateurs de choisir la fin "idéale" de leur série. Idée absurde puisque cela gâche tout le plaisir de la découverte…

Ce phénomène de surabondance est aussi celui qui explique le grand nettoyage organisé par les chaînes américaines en avril et en mai. Il importe de faire place nette pour des nouveautés plus audacieuses, séduisantes. Du moins, est-ce le pari. Gare aux séries dont les audiences apparaîtraient fragilisées avant l’été, elles se trouveront fort dépourvues quand l’heure du bilan sera venue...

C’est le cas, entre autres exemples, de l’excellente série "American Crime" de John Ridley (photo) dont les fans espèrent qu’un repreneur se fera connaître. Même verdict pour "The Catch", pourtant produite par la très puissante Shonda Rhimes ("Grey’s Anatomy", "Scandal"). En tout, ce sont 56 séries qui ont déjà été annulées ces jours derniers. A qui le tour ?
Voir la liste plus complète sur le blog La loi des séries

Le malheur des uns fait bien sûr le bonheur des autres. Ainsi la Fox a commandé "911", nouveau drama de Ryan Murphy avec Angela Basset en tête d’affiche. Ryan Murphy y poursuit sa collaboration avec Brad Falchuck déjà présent sur ses autres séries : "American Horror Story", "Feud", "American Crime Story" et "Pose".