Série TV

Comment résister à l’énergie décomplexée d’Imane, tête brûlée souvent vénère ? Au sourire d’Alex, la "meilleure pote", hilare et toujours partante ? Au bon sens et à la lucidité de la discrète mais futée Manon ? A la sensibilité de la jolie mais torturée Emma ? Ou au charme désarmant de Daphné qui rêve d’organiser la fête "la plus importante de toute l’année" ?

Inscrites dans le même lycée, chacune pense jouer sa vie au jeu cruel de la popularité. Entre Facebook et Instagram, le terrain miné des réseaux sociaux est celui sur lequel chacune se juge et se jauge, en multipliant les vannes ou en se faisant mousser.

En découvrant cette joyeuse bande, lâchée ce lundi sur la Toile, le cœur de nombreux ados risque de s’emballer. Comme ce fut le cas pour ceux qui tombèrent, en 2015, sous le charme de "Skam", nouvelle pépite norvégienne. Moins âpre et décadente que sa grande sœur nordique, la version franco-belge possède une belle personnalité. Skam Belgique ** (ou France, selon le pays de diffusion) devrait rapidement s’imposer auprès des ados et des parents qui rêvent de sonder l’âme de la génération des Millennials.

Une histoire racontée en temps réel, en ligne

Créée par Julie Andem, réalisatrice, scénariste et productrice norvégienne, la grande force de "Skam" réside dans son réalisme et sa réactivité. Proposée sous forme de capsules, elle égrène les moments forts de la vie d’une bande de lycéens, à la manière d’un journal intime proposé en temps "réel". C’est à dire au jour et à l’heure notée sur l’écran de cette "vidéo story", à la façon d’un compte Instagram. Skam, c’est la version 3.0 de la série ado. Tellement addict aux réseaux sociaux qu’elle intègre directement Facebook, Instagram et Tinder dans son récit.

Si Skam Belgique adopte le code graphique et l’essentiel des trames de sa grande sœur norvégienne, son ton est plus sage que celui de la série originelle. Les excès y sont moins nombreux, surtout en matière de beuveries. Plus "classique", le casting des jeunes est cependant impressionnant par son naturel et sa justesse. Les thématiques évoquées conservent la même pertinence : solitude, quête d’identité, déception sentimentale ou amoureuse, cyber-harcèlement, préjugés, incertitudes et violences de la société.

Un récit décliné en épisodes de 20 minutes

En Norvège, quatre saisons, de 12 épisodes, ont été produites, chacune se concentrant sur le parcours d’un lycéen et de ses potes. Louée pour son authenticité et son réalisme, la série norvégienne se concentrait sur une population relativement aisée et citadine, comme souvent dans les séries. Avec son format court, adapté aux smartphones et aux réseaux sociaux, elle s’est rapidement frayé un chemin sur la Toile au point de perturber grandement la vie de son public, totalement accro, délaissant les cours pour vivre le quotidien de leurs héros.

Pour assurer la présence de Skam sur les réseaux sociaux, la RTBF et France Télévisions adoptent le même dispositif : comptes Facebook et Instagram sont disponibles pour chaque personnage et pour la série, dès ce lundi. Pour les épisodes plus classiques (22 en tout), il faudra attendre le 11 février à 20h sur La Trois et sur Auvio, ou fin février sur France 4.