"Southland" : dans la chaleur des rues de Los Angeles

Entretien, Karin Tshidimba, à Monte-Carlo Publié le - Mis à jour le

Série TV

Dans la partition chorale proposée par la série "Southland" produite par deux anciens d’"Urgences" (John Wells et Christopher Chulack), nous avons pu isoler deux voix, lors de leur passage au Festival de Monte-Carlo : celle de Michael Cudlitz, qui campe l’officier instructeur John Cooper, et celle de Regina King, qui prête sa beauté et son humanité à l’inspectrice Lydia Adams.

Des rôles que les comédiens jurent tous les deux être "parfaitement de composition, l’âpreté du travail de policier les frappant particulièrement" depuis qu’ils ont eu "l’occasion de les suivre quelques jours en formation sur le terrain, pour les besoins de la série". Quelques membres du département de police de Los Angeles (LAPD) sont en effet des proches des scénaristes de ce nouveau polar signé par Ann Biderman, scénariste qui affûta sa plume sur l’un des monuments du genre (le feuilleton policier et choral) : "NYPD blue" avec l’emblématique inspecteur Sipowicz (Dennis Franz).

Le cadre a changé (Los Angeles contre New York), ainsi que l’époque (2009 contre 1994) mais ce sont les mêmes travers et dégâts que l’on observe (crimes, gangs, prostitution, drogue), autant de combats qui laissent souvent des traces indélébiles dans la vie des policiers qui les mènent...

"Nous avons beaucoup appris sur nos personnages depuis le lancement de la série en 2009. Au début, on voit Lydia comme une inspectrice très dévouée à son travail. Très désireuse d’être le porte-voix des victimes. Elle sacrifie donc vraiment sa vie privée pour coincer les meurtriers et protéger les plus faibles (femmes, enfants, etc.) La difficulté était aussi de changer aussi souvent de partenaire, après que son premier coéquipier a été blessé. Bien que c’étaient des acteurs talentueux, c’était difficile de s’adapter et puis, selon moi, cela empêchait de développer une vraie relation avec eux. Mais cela a tout de même permis de voir que Lydia n’était pas aussi parfaite qu’elle voulait le montrer. J’espère pouvoir poursuivre avec le partenaire que j’ai dans la saison 4... C’est une discussion toujours en cours avec les scénaristes, alors, on verra", lâche Regina King avec un sourire énigmatique.

"Je comprends très bien ce que Regina veut dire et ce qu’elle a vécu sur le tournage car j’ai, moi aussi, connu quelques changements, mais moins qu’elle. Et il y a une part de réalité dans tout cela : sur le terrain, on doit tenir compte des qualités et des capacités de chacun. Dans une équipe, que ce soit dans le bureau ou dans la voiture de patrouille, il faut souvent un inspecteur plus jeune et un autre plus expérimenté, un policier plus aguerri et un autre plus débrouillard dans les recherches sur ordinateur, etc. Sans même tenir compte des tragédies (blessures, cures, maladies) qui changent forcément la donne", poursuit Michael Cudlitz.

"C’est difficile pour les scénaristes de coller à la réalité des changements d’équipes car nos saisons sont plutôt courtes (10 épisodes), cela renforce le côté abrupt de la chose", confirme Regina King.

Quant à la prétendue dureté de son personnage, Michaël Cudlitz estime qu’il y a "un gros malentendu à ce sujet. John n’est pas aussi fort qu’il peut paraître. Les réponses du public à son égard ont été très positives et j’en suis très fier. John est un personnage très intéressant, multifacettes, surtout sur le plan des émotions. Son boulot est de tester les ‘rookies’ (les bleus) et de les mettre face à différentes situations corsées, pour voir s’ils sont faits pour ce job et prêts à l’assumer. Mais c’est une façade : c’est ce qu’il doit faire".

"Au-delà de son côté ‘coach’, John a aussi cet instinct très sûr des choses qui se passent dans la rue. Le plus intéressant dans cette série est le fait qu’elle montre les diverses façons dont chaque inspecteur envisage son métier, tout en partageant le même parcours que ses collègues. J’ai ma propre explication sur les raisons qui poussent John à être si dur, mais je pense que vous allez les découvrir au fur et à mesure. J’espère avoir l’occasion d’explorer ces pistes dans le futur. Et puis, nous n’avons pas encore beaucoup creusé leur passé non plus, ce qui permettrait d’expliquer et de comprendre un tas de choses."

Quant à l’homosexualité de John Cooper, Michaël Cudlitz pense que "la communauté gay a bien reçu mon personnage et espère sans doute davantage d’interactions dans ce domaine à l’avenir. Je pense qu’ils ont été heureux de voir que John n’était pas un cliché du flic gay. Le focus est mis sur le fait que c’est une série policière et pas une série gay. Et cela rend service à la communauté."

Diffusée depuis mi-avril sur La une, la série tire, momentanément, sa révérence ce mardi 26 juin après les trois ultimes épisodes de la saison 3. Un parcours plutôt rapide puisque les deux premières saisons ne comptaient, respectivement, que sept et six épisodes Formatée sur 10 épisodes depuis, le tournage de la saison 5 va démarrer en novembre et durer trois mois (70 jours ouvrables). "J’aurai un nouveau partenaire, c’est certain. Mais pour le moment, on n’en sait pas plus", souligne Michael Cudlitz.

"Il y aura des guests, des visages connus mais pas forcément des noms très célèbres car nous n’avons pas beaucoup d’argent", poursuit Regina King en riant.

"Lors du passage de la série de NBC à TNT, l’équipe a été un peu resserrée et le focus mis sur quelques personnages plutôt que sur un large ensemble. Il y a donc des comédiens à qui nous avons dû dire au revoir. Je ne pense pas que le côté feuilletonnant de la série lui ait nui, c’est quelque chose auquel le public s’est très vite habitué et qui lui a plu d’ailleurs, par rapport aux séries où chaque épisode apporte son enquête bouclée. La série n’est pas focalisée sur les crimes commis mais sur les émotions et les relations de ces policiers entre eux. C’est son côté unique et novateur", conclut Michael Cudlitz.

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