Série TV Previews

On a beaucoup glosé autour de "FlashForward" en s’interrogeant pour savoir s’il s’agissait du nouveau "Lost". En termes de buzz et de campagne médiatique, peut-être, mais ceux qui ont pu voir Persons Unknown ne se posent plus la question, ils savent que le digne héritier de l’intrigue de l’île mystérieuse est cette série créée par Christopher McQuarrie ("The Usual Suspects") et dirigée par Remi Aubuchon ("Au cœur du pouvoir") en collaboration avec la Rai et la Mexicaine Televisa

Au centre de l’intrigue, sept personnages qui ont atterri dans une ville mystérieuse et déserte sans bien savoir ni comment, ni pourquoi. Rapidement, ils réalisent qu’ils sont observés par un réseau de caméras de surveillance et qu’ils ne peuvent s’échapper. En outre, ils sont menacés à intervalles réguliers par des attaques de gaz parfois toxiques. Entre le gardien de nuit de l’hôtel, qui leur offre des bonbons avec un détachement qui confine à la cruauté, et les messages que certains se voient glisser, avec suggestions de meurtre à la clé, pour être "libérés", la paranoïa règne en maître. Chacun se méfie de son voisin dont il ne connaît pas le passé. Treize épisodes sont prévus sur NBC pour cet univers flirtant avec "Twin Peaks" et "Le Prisonnier". Au casting, on retrouve Jason Wiles ("Third Watch"), Kandyse McClure ("Battlestar Galactica") et Alan Smyth ("NCIS"). Intrigants à souhait Dans l’attente d’un diffuseur français qui rendrait la VF abordable, l’intérêt (de RTL) ne manque pas

En découvrant le thème de Glee, on se dit "ouille". Le "retour de la vengeance de "Fame", n’est-ce pas un peu daté en 2009 ? Mais comme l’a montré la vague "High school musical", il reste de nombreux amateurs pour ce genre en perpétuel perfectionnement. Inutile, donc, de mettre ses oreilles à l’abri, car "Glee" vaut bien plus que ce qu’un rapide "pitch" en dit. Engoncés dans leur mal-être et leur collège bas de gamme, les six vilains petits canards de la McKinley High School n’ont, au départ, pas beaucoup d’atouts à mettre en avant dans la compétition nationale des chorales scolaires. Bien sûr, on pense crier au stéréotype en voyant le casting : la chef des pom-pom girls qui les fait tous craquer ; la black "king size" fan de r’n’b ; l’homo qui se rêve en doublure de Barbara Streisand ; le geek en fauteuil roulant qui se pique de créer des choré adaptées ; l’Asiatique taiseuse mais futée au look gothique Tout ce petit monde pourrait presque postuler pour un remake chantant de "Maya l’abeille"

Heureusement, la prof de sport, qui entend garder le contrôle des élèves, est une mégère pas du tout apprivoisée et ses coups de gueule sont aussi mémorables que sa façon de bousculer et déstabiliser les élèves. Proche cousine de Glenn Close dans "Damages", la coach Sue (Jane Lynch) est odieuse et tyrannique à souhait. Son premier souffre-douleur est Will, le prof d’espagnol, à qui elle est résolue de river son clou, ulcérée que ses compétences aient pu être mises en balance avec les siennes. Un poème !

La série parie aussi sur les petits décalages suscités par des personnages faussement "sages", Ryan Murphy ("Nip/Tuck") réaffirmant là, avec humour, son goût pour les bizarreries décalées et les surprises, il est vrai pas toujours finement amenées. Le tout vaut surtout par son côté décryptage de la société américaine. La série évite le côté moralisateur pour opter pour le fun (chorégraphies et reprises constituent les climax de chaque épisode) et multiplie les apparitions, notamment celle de Kristin Chenoweth ("Pushing Daisies"). Après un démarrage gentillet, mais des critiques internationales enthousiastes, "Glee" a fait ses gammes sur ABC et Madonna herself a donné son accord enthousiaste pour qu’un épisode reprenne ses titres

Tout aussi classique par le thème apparaît Modern family (ABC) qui se joue subtilement des liens enchevêtrés des smalas qu’elle présente. Prétextant un documentaire sur les familles aux Etats-Unis, les auteurs (Christopher Lloyd et Steven Levitan) s’introduisent dans trois foyers (classique, gay, recomposé) et suivent leurs difficultés et petits conflits quotidiens. Le résultat est bien vu, très réaliste et souvent drôle car, bien sûr, nos "témoins d’un jour" dérapent et révèlent bien plus de choses qu’ils ne l’avaient prévu. Déclinée en épisodes de 26 min ("un format qui fonctionne mal en Belgique", note Erwin Lapraille), elle aussi a retenu l’attention de RTL-TVI.

Enfin, que dire de White Collar sinon que le jeune Matt Bomer y fait des merveilles avec sa gueule d’ange qui certifie son statut de bandit en col blanc. Spécialiste du faux, le voilà en cheville avec le FBI pour mettre le grappin sur d’autres escrocs. Intrigue classique mais personnalités originales : le faussaire, le patron des crimes en col blanc (Tim Dekay) et sa femme (Tiffany Amber-Thiessen). De l’humour, quelques jolis coups (stratégies, enquêtes) et pas mal de charisme devraient lui assurer un joli succès si les intrigues renouvellent assez le genre Démarrée samedi sur USA Network, elle a d’emblée séduit 5,4 millions d’Américains, dépassant des concurrentes telles "Ugly Betty" ou "Smallville".

Produites par la Fox, voilà quatre nouveautés qui pourraient doper notre quotidien télévisuel de façon originale