Série TV Une nouvelle saison captivante de cette série british : épisodes 1 et 2/8, France 3, 20 h 55.

Harry et Jack Williams n’ont pas choisi la facilité pour la deuxième saison de "The Missing" H H, série britannique de qualité en 8x60 minutes, succès de la BBC diffusé sur France 3 ou Starz aux Etats-Unis. Les auteurs ancrent leur scénario dans plusieurs pays (l’Allemagne, l’Irak, la Suisse), et s’aventurent de surcroît dans deux temporalités différentes. Dans cette saison, réalisée cette fois par Ben Chanan, les informations sont distillées au compte-gouttes, telle une lente et venimeuse perfusion. Malgré la complexité de la narration, il n’est pas nécessaire d’avoir suivi la première saison de "The Missing" pour comprendre cette nouvelle enquête. Seul point commun : le détective Julien Baptiste (incarné par le magnétique Tchéky Karyo). Deux ans après avoir résolu le mystère de la disparition du petit Oliver Hugues, le détective, parti depuis à la retraite, est contacté par une enquêtrice allemande, Eve Stone, qui l’amène à rouvrir un dossier non résolu : celui de la disparition de Sophie Giroux.

2014 et 2016 en parallèle

Le prénom de cette jeune Française qu’il n’a pas réussi à retrouver réapparaît dans la bouche d’une autre jeune femme, Alice Webster. Onze ans après avoir été, elle aussi, kidnappée (probablement par le même agresseur), elle s’effondre, amaigrie et livide, sur un marché de Noël, en 2014, dans une petite ville d’Allemagne, Eckhausen. Traumatisée, Alice va devoir réapprendre à vivre en famille et renouer des liens avec son frère et ses parents, l’officier Sam Webster et son épouse Gemma, enseignante. Un bon point : les auteurs prennent soin d’explorer avec finesse la psychologie de chaque personnage, par le biais d’intrigues secondaires. Mais le cœur de la narration porte sur l’enquête que mène Julien Baptiste, d’abord en Allemagne en 2014, puis en Irak, en 2016, sur les traces d’un certain Daniel Reed, un militaire censé détenir des éléments sur la détention des jeunes filles. Le scénario navigue en permanence, dans un subtil montage en parallèle, entre ces deux lignes temporelles.

Abigail Hardingham et Alice Webster

Une fois maîtrisés les éléments d’exposition du récit, empli d’un mystère qui n’est pas surfait, on se laisse aisément captiver par les ambiances, et les confrontations entre les personnages, portés par d’excellents acteurs. Face aux expérimentés Keely Hawes (Gemma), David Morrissey (Sam), Léa Fraser (Eve) ou Tchéky Karyo, Abigail Hardingham (Alice) tire son épingle du jeu. Elle a d’ailleurs reçu, en 2015, le British Independent Film Award du meilleur espoir pour son interprétation dans la comédie d’horreur britannique "Nina Forever" de Ben et Chris Blaine. Notons encore que si la saison 1 avait été tournée en grande partie dans la ville de Huy, avec Emilie Dequenne dans un des rôles principaux, la saison 2 a trouvé refuge à Malmedy pour une partie du tournage, en février et mars derniers.C. G.