Série TV

Une série qui parle de famille (traditionnelle, dysfonctionnelle ou recomposée) et qui provoque un tsunami d’émotions sur les réseaux sociaux, cela peut pousser à la méfiance. Mais "This is us" *** série lancée l’année dernière sur NBC, et enfin diffusée sur RTL-TVI (dès mardi à 21h45) est tout le contraire d’une série guimauve. Elle déjoue avec subtilité et finesse les a priori et pièges lacrymaux, tout en offrant au public les plus jolis "twists" (rebondissements d’intrigues) qui soient. Du mélodrame certes, mais maîtrisé, sincère, drôle et généreux. Savant mélange d’émotion et de réflexion.

D’un côté, on y suit Randall (Sterling K. Brown) un homme à qui tout réussit mais qui est hanté par l’image de son père biologique qui l’a abandonné à la naissance. Il se met donc en tête de le retrouver à la veille de son 36e anniversaire. De l’autre, on découvre Kevin (Justin Hartley), un jeune comédien qui n’en peut plus de servir de "prétexte pectoraux" aux scénarios d’une nullité abyssale de la sitcom dont il est la vedette. Et Kate (Chrissy Metz), une jeune femme obèse qui aimerait avoir le courage de changer de vie. Le premier épisode navigue entre ces trois-là et un jeune couple (Mandy Moore et Milo Ventimiglia) dont la femme, très enceinte, est sur le point d’accoucher. Fait piquant, ces quatre-là (Randall, Kate, Kevin et Jack) partagent le même jour de naissance comme un tas d’autres personnes à travers le monde. Mais peut-être n’est-ce pas leur seul lien…

La force du scénariste Dan Fogelman est de réussir parfaitement son pari de parler de sujets graves comme l’adoption, la maladie, l’obésité ou la diversité sans s’appesantir et sans faire la leçon à qui que ce soit. Sa série est semblable à la vie, pleine de déchirements, de joies, de surprises et d’empathie. Elle a brillamment démarré sa 2e saison aux États-Unis.