Série TV La série "Fatale-Station" (épisodes 1 à 3/10), à voir ce jeudi 28 septembre sur Arte, à 20h55.

"Sarah est une héroïne de western, une étrangère qui arrive de nulle part, dont on ne sait rien, et dont on ne saura rien. J’ai utilisé les symboles du western, les fusils, les chevaux, la vengeance, la rédemption, la survie, la convoitise, le pouvoir", commente le scénariste et auteur québécois Stéphane Bourguignon, rencontré en avril dernier au Festival Séries Mania à Paris. Sa série, "Fatale-Station", en 10 x 45 minutes, qu’Arte diffuse dès ce jeudi, détourne le western avec saveur et humour. Un humour noir, teinté d’angoisse et de féminisme.

L’héroïne, Sarah, interprétée avec aplomb par Macha Limonchik, s’est réfugiée à Fatale-Station après avoir échappé à une tentative de meurtre. Elle n’est pourtant pas la bienvenue dans ce village reculé du Québec, qui a inventé ses propres codes. C’est Jean O’Gallagher, une femme d’affaires possédant la moitié du village, qui y fait régner sa loi. Intraitable, la matriarche souhaite chasser cette intruse de sa petite communauté, persuadée qu’elle y jettera le trouble. Elle charge Eddy, le gérant de l’unique restaurant-bar-hôtel, de cette mission qui va s’avérer plus complexe que prévu. En particulier dans cette période pré-électorale, bousculée par un barrage routier dressé par la tribu amérindienne voisine.

Chœur grec

Stéphane Bourguignon tenait à cette présence amérindienne dans sa série. "Elle est un peu accessoire, mais d’une certaine manière, elle apporte de la couleur, du décor, et une part d’âme de la série. Parce que la communauté autochtone suit en parallèle le combat de Sarah, comme un chœur grec. Dans le grand Nord québécois, les villages côtoient les Amérindiens. C’est un sujet toujours d’actualité chez nous. Il y a de grosses enquêtes au Canada sur des femmes amérindiennes disparues. C’est aussi une période où on commence à admettre et à réparer les torts qu’on a faits à cette communauté", explique le scénariste.

Malgré un sujet très ancré régionalement, Arte a pu suivre de près l’écriture de la série, diffusée sur Radio Canada (pour le premier épisode) l’hiver dernier, avant d’être mise en ligne sur la plateforme payante Tou.TV. "Les conseillers d’Arte ont pu suivre l’écriture et le montage, et ils ont été très stimulants, avec des commentaires judicieux, alors que la chaîne n’était même pas coproductrice", se réjouit Stéphane Bourguignon. Elle est en discussion avec la chaîne franco-allemande sur un autre projet de série, "Tortue", bâtie autour d’un "duo touchant et drôle, qui doit se battre contre un milieu assez dur, là encore".