La chronique de la rédaction

Un édito de Dorian de Meeûs, rédacteur en chef de LaLibre.be

Les citoyens se demandent parfois s’ils ont les politiciens qu’ils méritent. La question mérite d’être posée ces jours-ci. La fermeture du Tunnel Stéphanie, pour au moins un an, n’est que la cerise sur le gâteau – déjà fort indigeste - de la mobilité bruxelloise. La cause, loin d’être accidentelle, est la conséquence d’un défaut d’entretien ! D’autres tunnels de la capitale pourraient dès lors subir le même sort.

Après l’implantation – sans concertation préalable – d’un grand piétonnier dont les effets se font déjà ressentir sur l’horeca et l’immobilier du centre-ville, la fermeture peu justifiée du Bois de la Cambre le samedi (situé en bordure de la Forêt de Soignes et de ses promenades), la suppression de milliers de places de parking, l’arrivée sans cesse postposée du RER, le manque criant d’ambition dans les transports publics, la carence en pistes cyclables, voilà que les tunnels délabrés deviennent dangereux. Fameux tableau alors que Bruxelles décroche le titre peu flatteur de "Ville la plus embouteillée au monde" et que des entreprises fuient déjà cette ville congestionnée. Genoeg gezeverd, ça suffit !

En matière de bouchons, verra-t-on un jour le bout du tunnel ? Où est la gestion en bon père de famille? Est-il impensable d'imaginer une politique globale cohérente pour réduire l'emprise de la voiture dans le centre-ville ? Quels sont les projets de tous les ministres de la Mobilité qui se succèdent depuis 20 ans, à commencer par le (trop) médiatisé Pascal Smet et ses prédécesseurs bruxellois ? Les leaders politiques comprennent-ils que la mobilité est un ingrédient indispensable pour le bien-être et l’environnement en ville, pour la santé économique des commerçants, pour l’attractivité des investisseurs et pour sa réputation touristique et internationale ?

On peut en douter quand on entend que le dernier conseil est "d’éviter le quartier Louise". Les commerces, restaurateurs, hôteliers, cinémas, entreprises et indépendants du quartier apprécieront. L’automobiliste, lui, continuera – davantage encore – à ronger son frein… et à éviter Bruxelles.