Geen commentaar: Anvers privatise le contrôle social
- Publié le 01-10-2017 à 16h37
- Mis à jour le 01-10-2017 à 16h44

Anvers est en passe de devenir un formidable laboratoire social où la N-VA teste ses expérimentations à large échelle. Faut-il rappeler que les nationalistes flamands n'ont pas seulement mis la main sur le maïorat de la commune la plus peuplée du pays mais qu'ils ont également décroché la présidence de son CPAS.
Une idée venue des Pays-Bas
Jeudi soir, le Conseil de l'action sociale de la ville portuaire a adopté une mesure jusqu'ici inédite en Belgique : le recours à des détectives privés pour assurer le contrôle de la situation financière des bénéficiaires du revenu d'intégration. Le projet a été déposé par le président du CPAS Fons Duchateau (N-VA). Ce dernier avait déniché l'idée aux Pays-Bas où, affirme-t-il, "le système existe depuis plusieurs années".
L'aide financière des CPAS est toujours conditionnée à une enquête sur les revenus. Les Centres publics d'action sociale n'aident en effet que les personnes réellement dans le besoin - c'est le principe même de l'assistance. Quand le demandeur de l'aide est belge ou qu'il a toujours vécu en Belgique, cette enquête sur les ressources est relativement facile à mener. Les bases de données du fisc ou de la Sécu regorgent d'informations sur lui. Mais le contrôle est plus difficile à faire lorsque le demandeur vient d'un pays étranger. Fons Duchateau pointe plus particulièrement le Maroc et la Turquie, qui se montreraient assez peu enclins à transmettre les informations nécessaires - par exemple, la propriété d'une maison - au bon déroulement de l'enquête. Aux Pays-Bas, les détectives privés enrôlés par les communes travaillent avec des avocats établis dans les pays étrangers et en contact avec les autorités locales. "Je ne veux pas devoir expliquer aux contribuables que je n'ai pas tout fait pour prévenir les fraudes", justifie Fons Duchateau.
Un bénéfice incertain
L'Association des communes et des villes flamandes n'a cependant pas bondi de joie à l'annonce de la mesure. Elle avance que la fraude est peu fréquente dans les CPAS - moins de 5 % des dossiers d'aide financière. Et estime que le contrôle des ressources doit rester une prérogative des autorités publiques pour prévenir les décisions arbitraires. "Un Syrien qui possède une maison dans un territoire occupé par l'Etat islamique n'a en réalité plus de ressources", a expliqué une responsable de l'association au "Standaard".
Le CD&V pense d'ailleurs la même chose. Jeudi soir, les conseillers sociaux-chrétiens se sont abstenus, refusant ainsi de s'aligner sur leur puissant partenaire de majorité. La N-VA voit derrière ce geste l'ombre de Kris Peeters, qui a récemment emménagé à Anvers et qui s'apprête à livrer un duel sans merci avec Bart De Wever. A Anvers, la campagne électorale part de loin.