La chronique de la rédaction

C’est le livre d’un effondrement, celui de la noblesse italienne, celui d’un monde ancien régi par l’ordre et la tradition. Paru en 1958, unique roman de Giuseppe Tomasi di Lampedusa, "Le Guépard" relate les méditations désabusées du prince Fabrizio Salina, un vieil aristocrate sicilien pris dans les mailles d’une révolution. Le titre est une référence aux armoiries familiales, ornées du grand fauve. Le récit débute au milieu du XIXe siècle. L’unification de l’Italie est en marche. L’expédition des Mille en territoire sicilien, sous la conduite du général Garibaldi, va la parachever. A Palerme, Catane, Syracuse et Agrigente, plus rien ne sera jamais comme avant. "Nous fûmes les Guépards, les Lions, ceux qui nous remplaceront seront les chacals et les hyènes", soupire le prince Fabrizio Salina.

Le déclin de l’empire romain

Les actuels dirigeants politiques de la Wallonie ne sont-ils pas semblables à ces Guépards, encore accrochés à un ordre ancien mais déjà bousculés par la révolution qui vient ? Les suites de l’affaire Publifin (encore, toujours) autorisent à se poser la question. Plus une semaine ne s’écoule sans qu’une nouvelle secousse ne s’ajoute à la précédente. Dans sa dernière édition, l’hebdomadaire "Le Vif" révèle que l’avocate Raphaëlle Marcourt, fille du ministre wallon de l’Economie, a travaillé pour la société Nethys, filiale de Publifin.