La chronique de la rédaction

L’ancien évêque de Bruges Roger Vangheluwe a été sorti de son exil forcé. Mercredi, dans le cadre de l’enquête sur les faits de mœurs commis par des prêtres belges, il a été confronté à l’une de ses victimes présumées, Kris Verduyn, qui prétend avoir été abusé il y a 25 ans. La veille, Roman Polanski - poursuivi depuis 40 ans pour une affaire de viol sur une mineure - renonçait à présider la 42e cérémonie des César sous la pression d’organisations féministes. C’est une coïncidence.

Roger Vangheluwe n’était pas venu pour demander pardon. Il était venu pour imposer le silence. Lors de la rencontre, il a affirmé n’avoir jamais abusé de celui qui le désigne comme son bourreau. Plus tard, son avocat Joris Van Cauter, complétait lourdement : "Cet homme est un affabulateur." Il rajoutait, comme s’il voulait devancer les critiques qui ne manqueraient pas de suivre, que son client a droit à un traitement équitable, comme tous les autres justiciables.

Bekende Vlamingen

Précaution inutile. Les critiques n’ont, de fait, pas manqué. Elles sont venues de l’intérieur du clergé. Le nouvel évêque de Bruges, Lode Aerts, a clamé dans la presse flamande que son prédécesseur devrait être davantage sanctionné. Plus exactement, il voudrait que Roger Vangheluwe ne puisse plus porter le titre de prêtre - le Vatican l’a exilé et réduit au silence public, mais il ne lui a pas retiré son statut.