La chronique de la rédaction

L’histoire se passe il y a plus de dix ans. Un professeur d’université s’était permis de tourner en dérision, dans un entretien à "La Libre", le président d’un parti politique francophone dont il avait trouvé les dernières sorties pour le moins maladroites. Il s’en était mordu les doigts le lendemain. Fâché d’avoir été moqué publiquement, le responsable politique avait fait comprendre à l’université qui l’employait que des projets de recherche pourraient être privés de subsides.

L’histoire n’a pas été plus loin (le chercheur cherche toujours alors que le politicien a disparu de la circulation). Mais elle montre que les rapports entre politiques et chercheurs universitaires peuvent être ambigus sinon très compliqués. Et pas seulement de ce côté-ci de la frontière linguistique.

Une rupture de tendance

La ministre flamande N-VA Liesbeth Homans l’a appris à ses dépens cette semaine. Dimanche, l’Anversoise était invitée sur le plateau de l’émission Zevende Dag (VRT). Elle y a - triomphalement - annoncé que le taux de pauvreté était passé de 11,1 % à 10,3 % en Flandre depuis qu’elle avait pris la compétence en charge. "Pour la première fois, il y a un renversement de tendance dans les chiffres de pauvreté", fanfaronnait-elle en direct. Un renversement qu’elle attribuait aux mesures prises tant par le gouvernement flamand que le gouvernement fédéral et qui "commencent à produire leurs fruits". Cités pour l’exemple : le renforcement des dispositifs de remise à l’emploi ou l’obligation de suivre des cours de néerlandais pour pouvoir prétendre à un logement social quand le demandeur maîtrise mal la langue.

Liesbeth Homans voulait démontrer que les politiques sociales de droite sont plus efficaces que celles de gauche - son prédécesseur au gouvernement régional n’étant autre que la socialiste flamande Ingrid Lieten.