La chronique de la rédaction

Un commentaire de Stéphane Tassin

Quelle mouche a donc piqué la députée wallonne Christiane Vienne (PS) ? L’ancienne ministre wallonne, qui siège actuellement au sein de la Commission Publifin, est-elle là pour incarner le vieux “PS” ? Celui qui cautionne les pratiques, certes légales, mais peu éthiques de mandataires d’un autre âge. On peut se poser la question lorsqu’on entend les rares interventions de la Hennuyère lors des séances d’audition. 

Lundi après-midi, elle s’est une nouvelle fois illustrée. Alors que l’ancienne présidente du comité de secteur “Télécom”, Catherine Megali (PS), tentait tant bien que mal et avec des arguments particulièrement faibles de justifier l’existence des comités de secteur, Christiane Vienne a tenu à intervenir en précisant à Catherine Megali qu’elle n’était pas obligée de répondre à certaines questions. Considérant que la commission d’enquête n’avait pas pour but de déterminer si les personnes choisies comme présidents de comités de secteurs avaient les compétences requises pour le faire. On croit rêver. C’est sans doute une question fondamentale et la députée la balaye d’un revers de la main. 

Une sortie qui n’a pas plu au MR, qui ne s’est pas caché pour le dire. Même au sein des députés PS siégeant dans la commission, l’intervention de Christiane Vienne est apparue au mieux incongrue, au pire franchement inquiétante.

Si on veut interpréter l’attitude de Christiane Vienne, on peut peut-être imaginer que son passé de ministre wallonne a une influence sur son attitude. Au début des années 2000, alors qu’elle gérait l’action sociale au sud du pays, dans la foulée des affaires de la Carolo, on apprenait qu’à l’Awiph (agence wallonne pour l’intégration de la personne handicapée), Georges Rovillard (PS), qui était administrateur-général de l’institution, gérait les deniers publics (frais en tout genre) avec une certaine légèreté. La Commission wallonne de l’action sociale avait, à l’époque, décidé de se pencher sur le problème et un certain nombre d’auditions avaient été organisées. Durant ces séances, la ministre avait, plus d’une fois, été mise sur la sellette. Une attitude difficile à défendre à l’époque par son parti qui avait profité d’une nouvelle séance électorale pour faire démissionner Christiane Vienne. Elle a peut-être conservé quelques rancœurs de cette période.