La chronique de la rédaction

Lundi, sur les antennes de la RTBF, le ministre de l’Intérieur, Jan Jambon, estimait qu’aucune faute n’avait été commise à l’occasion de la réunion de crise qui s’est tenue à son cabinet, au lendemain des attentats de Bruxelles.

Réunion à laquelle ont participé le ministre lui-même, Catherine De Bolle, Commissaire générale de la Police fédérale, Claude Fontaine, Directeur général de la police judiciaire (DGJ), Eddy Greif, patron (à l’époque) de la section responsable de la lutte antiterroriste au sein de la Direction Générale de la Police Judiciaire, Peter De Buysscher, Directeur de la coopération policière internationale (CGI) et....un certain Bart De Wever, président de la N-VA.

Selon M. Jambon dès lors qu’aucune information qualifiée, autrement dit couverte par le secret, n’a été échangée, il n’y a rien à redire à la nature de la réunion et à la composition de l’assemblée qui y a participé.

De deux choses l'une

M. Jambon a ajouté, en substance, ce curieux propos: “croyez-vous que le top de la police, ses plus hauts dirigeants puissent manquer à ce point de professionnalisme pour ne pas savoir ce qu’ils pouvaient révéler ou non au cours de cette réunion.”

Celle-ci, pour rappel, avait pour objet les ratés dans la transmission, entre la Turquie et la Belgique, des informations relatives à l’arrestation, en juin 2015, à Gaziantep, d’Ibrahim El Bakraoui, le futur kamikaze de l’aéroport de Zaventem. Un El Bakraoui qui, malgré les mises en garde d’Istanbul, a pu rentrer en Belgique sans être inquiété, pour ensuite intégrer le commando terroriste qui allait semer la mort à Zaventem et dans le métro Maelbeek huit mois plus tard.

On le voit, l’enjeu n’était pas mince. Alors de deux choses l’une. Ou bien, par “professionnalisme”, les hauts dirigeants des services de police ont tenu compte de la présence de M. De Wever dans la pièce pour retenir leur parole et l’on se demande alors à quoi a bien pu servir cette réunion et de quoi ceux qui en étaient ont bien pu parler, alors que l’heure était particulèrement grave. Ou bien, ils ont livré des informations intéressantes dont M. De Wever a pu prendre connaissance et la question de la confidentialité voire du secret de l’instruction se pose bel et bien.

Autrement dit, dans tous les cas de figure, la présence de M. De Wever a pesé sur le contenu des discussions. Soit, le président de la N-VA a entendu des choses qu’il ne devait pas entendre. Soit, par sa présence, il a empêché les “patrons” des services de police de livrer au ministre de l’Intérieur des informations utiles à un moment crucial.

Considérer cela comme anecdotique ne pose-t-il pas aussi problème?

Autre sujet d'étonnement. Dès le début de l'affaire, la N-VA a expliqué la présence de M. De Wever dans le bâtiment de l'Intérieur par le fait que s'y tenait ce jour-là, comme chaque semaine, une réunion de travail des ministres fédéraux N-VA. La routine quoi….La routine, le 23 mars?